Glyphosate: polémique entre l’industrie phyto et les défenseurs du bio

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On notera avec intérêt cette passe d’armes entre pourfendeurs et défenseurs du glyphosate, ce pesticide très répandu accusé d’être cancérigène. Du côté des pourfendeurs, on trouvera l’association Générations Futures, et du côté des défenseurs l’Union des Industries de la Protection des Plantes (UIPP). Voici l’échange d’amabilités auquel les deux parties se sont livrées.

Les opposants au glyphosate publient une étude sur l’impact de ce produit dans la population

On notera que Générations Futures a publié une étude sur la présence de glyphosate dans les urines de la population. En voici les conclusions:

C’est dans ce contexte que Générations Futures a eu l’envie d’en savoir plus sur l’exposition des français à cet herbicide le plus utilisé au monde. Nous avons choisi de réaliser 30 analyses d’urines de personnes d’âges et sexe variés, entre 8 et 60 ans, habitant en ville ou à la campagne, à l’alimentation variable, biologique ou non, végétarienne ou non. Un certain nombre de personnes connues ont accepté de participer à ces analyses, réalisées avec un test ELISA.

Résultats ? Notre enquête démontre l’omniprésence de cette molécule dangereuse dans nos organismes :

  • 100 % des échantillons analysés contenaient du glyphosate à une concentration supérieure à la valeur minimale de quantification du test (LQ = 0,075ng/ml).
  • La concentration moyenne de glyphosate trouvée dans les 30 échantillons était de 1.25 ng/ml d’urine
  • La valeur la plus faible trouvée était de 0.09 ng/ml, la plus élevée de 2,89 ng/ml soit 32,11 fois plus élevée que la valeur la plus faible.
  • 96 % (29 concentrations sur 30) des concentrations étaient supérieures à la concentration maximale admissible pour un pesticide dans l’eau de 0.1 ng/ml.

« Malheureusement ces analyses confirment ce que nous craignions après avoir consulté d’autres études réalisées ailleurs en Europe et dans le monde : nous sommes toutes et tous contaminés par le glyphosate. Il est vraiment temps que les autorités européennes prennent conscience de l’urgence à agir et interdisent enfin cette molécule considérée comme probablement cancérogène pour l’homme par le Centre International de Recherche sur le Cancer ! » déclare François Veillerette, porte-parole de Générations Futures. « Tout n’est pas joué. Nous pouvons encore stopper l’autorisation de cette substance. Nous invitons donc les citoyens à s’emparer de ce sujet et à rejoindre les 500 000 européens qui ont déjà signé l’Initiative Citoyenne Européenne demandant notamment l’interdiction de cette molécule dangereuse[1] » conclut-il.

La réponse de l’industrie chimique à Générations Futures

Dans la foulée, l’UIPP répondait sèchement à Générations Futures.

L’UIPP conteste la nouvelle « enquête » de Générations Futures, qui s’appuie sur une mécanique habituelle : la publication d’un rapport basé sur de seules détections de substances, et non sur une approche réglementaire ou toxicologique.

La détection de traces infimes dans les urines ne signifie nullement un quelconque risque pour les populations.

En pointant du doigt la seule présence d’une molécule dans les urines, Générations Futures souhaite réaliser un « coup de communication » en vue d’une échéance politique, plutôt que de produire une étude scientifiquement viable pour faire avancer un débat équilibré.

Cette fois-ci, Générations Futures va encore plus loin d’ans l’absurdité et la malhonnêteté « scientifique » :

– en comparant des concentrations de métabolites dans les urines au seuil limite des molécules dans l’eau de boisson.

– en laissant croire que le taux urinaire en métabolite, basé sur un échantillon unique, reflète l’exposition chronique réelle d’une personne au glyphosate.

Le seul enseignement de cette « étude », c’est que le matériel analytique dont nous disposons aujourd’hui permet de détecter des taux de concentrations extrêmement faibles, dont les traces les plus infimes de phytos.

Si Générations Futures avait réellement voulu contribuer de manière scientifique à la réflexion citoyenne autour du glyphosate, il aurait fallu une enquête d’une toute autre envergure méthodologique.

L’UIPP rappelle que dans l’avis qu’il a adopté le 15 mars dernier, et sur la base de l’analyse de toutes les études scientifiques disponibles à ce jour, le comité indépendant d’évaluation des risques (RAC) de l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) a conclu que le glyphosate n’était pas cancérigène et ne devait donc pas être classé comme tel. L’encadrement européen des produits phytos est parmi les plus stricts au monde en termes de protection de la santé humaine et de l’environnement. Le glyphosate ne déroge pas à cette règle !

On notera que l’initiative citoyenne contre le glyphosate, au niveau européen, a recueilli 640.000 signatures à ce jour.

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