Horrible : les fonctionnaires obligés de travailler 35 h !

Au Conseil régional d'Île-de-France, il faudra maintenant travailler 35h par semaine. Cette augmentation du temps qui est en fait la fin d'un système dérogatoire, fait bondir les syndicats. Mais le problème se trouve peut-être ailleurs...

Le vote a décidément bien du mal à passer. Et pourtant, il ne fait que revenir aux fondements légaux de la durée du travail. Alors que le siège de la région Île-de-France doit quitter Paris début 2018 pour rejoindre un siège flambant neuf à Saint-Ouen en Seine-Saint-Denis, le conseil régional adopté ce vendredi 24 novembre un texte qui augmentera le temps de travail de ses agents à compter du 1er janvier 2018. 

La fin d'un système trop avantageux

Actuellement, les fonctionnaires du siège comptabilisaient 1 568h annuelles de travail soit 34h hebdomadaires. Parallèlement, les agents possédaient aussi 53 jours annuels de congés. Autrement dit, le conseil régional d'Île-de-France a pris le parti de revenir au droit commun en instaurant les 35h. Pour que cette mesure soit mise en place, 5 jours de congés seront rognés, de même qu'il est prévu de réduire le nombre de jours accordés pour les autorisations d'absences exceptionnelles. La CGT confesse que cela représente "une trentaine de journées supprimées."

Seulement, cette mesure était inévitable puisqu'elle déséquilibrait complètement le rapport entre le public et le privé. Même si le système était légal depuis 2001 (globalement, toutes les collectivités territoriales de France bénéficiaient d'un système dérogatoire), la préconisation de Philippe Laurent, président du Conseil supérieur de la fonction publique, établissait de revenir au régime commun. 

Les syndicats et les fonctionnaires s'insurgent. A tort ?

C'est peu dire que la CGT se désole de l'issue du vote. Le syndicat explique que c'est remettre en cause "un accord tout à fait légal. C'est afficher une volonté d'en découdre avec les agents." Alors oui, il y a bien une volonté d'en découdre avec eux. La région Île-de-France est actuellement dans une politique de recherche active de liquidités. Elle a dû faire face à une baisse de recettes de l'ordre de 100 millions d'euros. Par conséquent, une cure d'amaigrissement a été opérée dans les dépenses de fonctionnement qui se chiffre à près de 700 M€ entre 2015 et 2018. Le budget s'est alors équilibré et la collectivité a pu investir. Cette gestion est même unanimement reconnue comme bénéfique par la Cour des comptes et les agences de notation comme Moddys et Standard & Poors.

La réduction d'effectif, le faux problème ?

C'est l'argument qui découle automatiquement du point ci-dessus. En fait, pour réduire les dépenses de fonctionnement, le choix a été fait de réduire les effectifs de fonctionnaires. Là où les syndicats n'ont pas tort, c'est qu'il y a bien une cinquantaine de postes qui sont supprimés chaque année, en plus du non-remplacements des départs en retraites. 

Pour autant, cette attaque soulève le problème de l'efficacité des fonctionnaires. Il ne faut pas oublier que les fonctionnaires dans les lycées ne seront pas impactés par une hausse du temps de travail par exemple. Au contraire, leurs revendications semblent prisent en compte. Non, il s'agit là de viser ceux qui officient en back office, dans les bureaux. 

Ces dernières années, le nombre de fonctionnaires n'a donc cessé d'augmenter. De même, il était mal vu de dire qu'une réduction des effectifs était possible tant les charges de travail étaient lourdes. Seulement, la donne a changé. La Région prend le problème à bras le corps en réduisant les effectifs et en déménageant. C'est peut-être le bout d'une idée qui pointe son nez. Sachant que le nouveau siège sera neuf et que nous sommes en plein développement numérique, on peut espérer que la réduction d'effectifs sera compensée par une meilleure organisation du travail, donc une meilleure efficacité et productivité avec des horaires de travail normales. A moins que l'inconscient collectif ne reprenne le dessus et que le métier de fonctionnaire, au lieu d'assurer un service public pour la communauté, ne redevienne une cache.

"Madame Pécresse a reconnu la pénibilité pour ces agents (NDLR: les agents techniques des lycées), car en réalité il y avait des menaces de grèves dans les cantines."

La CGT

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