Indemnités de licenciement : le simulateur qui divise

L'information fait le tour des médias depuis plusieurs jours : le gouvernement a mis en ligne un outil permettant d'estimer les indemnités de licenciement à verser en cas de licenciement abusif.

Pourquoi tant de haine ? Le gouvernement ne fait que proposer un outil qui permet d'appliquer relativement simplement l'une des mesures prévues par les ordonnances publiées en septembre dernier. C'est précisément cela qui lui est reproché.

 

Indemnités de licenciement : la réforme qui divise

On le savait, les ordonnances travail n'ont pas vraiment fait le bonheur des syndicats de salariés, ces derniers ont d'ailleurs subi des luttes intestines difficiles à digérer. Si le contenu même de la réforme n'est pas du goût des organisations syndicales, le simple fait d'en faire la promotion dépasse le seuil de tolérance.

L'outil disponible sur le site du service public n'a pas tardé à s'attirer les foudres de nombreuses personnalités du monde syndical relayées à travers les médias (voir ci-contre). L'argument principalement opposé à l'existence de cet outil est que cela risque d'encourager les employeurs à licencier sans cause réelle et sérieuse.

Les échos entendus du côté patronal sont radicalement différents (voir ci-contre). En effet, le patronat salue dans cet outil l'aboutissement des ordonnances travail et, surtout, la fin de la "roulette" des prud'hommes où la fixation de l'indemnité de licenciement était laissée à la libre appréciation des juges.

Le simulateur d'indemnités de licenciement cristallise finalement les tensions nées à l'occasion de la publication et de l'entrée en vigueur des ordonnances travail. Chaque application concrète des mesures prévues par Mme Pénicaud seront donc d'autant plus d'occasions pour les partenaires sociaux de rappeler leur adhésion, ou leur opposition, au projet gouvernemental.

Le simulateur d'indemnités en cas de licenciement abusif permet de saisir le nombre d'années et de mois d'ancienneté du salarié concerné. L'outil calcule alors le montant minimum et le montant maximum de l'indemnité que l'employeur devra verser au salarié.

 

« Que la loi permette d'imposer un tarif, c'est une chose. Mais que le gouvernement en fasse la promotion en disant aux chefs d'entreprise : "faites vos calculs !", c'est choquant ».

Eric Scherrer, président du SECI-UNSA

 

« C'est une bonne initiative car cela permet à tout le monde de comprendre l'impact de la réforme qui vient d'entrer en vigueur. Pouvoir anticiper et ne pas avoir de surprise en cas de retournement de situation est un élément très important pour la confiance ».

Un porte-parole du MEDEF

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