Islamophobie en entreprise: Securitas victime de l’incohérence bien-pensante

Securitas avait licencié des salariés affectés à Orly dont la barbe laissait à penser qu'ils étaient de confession musulmane. Leur licenciement est examiné aujourd'hui par les prud'hommes de Bobigny. Une illustration supplémentaire de l'incohérence des pouvoirs publics sous François Hollande, qui ont confirmé l'interdiction des signes religieux dans les administrations, mais ont abandonné les employeurs du secteur privé à leur sort. 

L'affaire est connue comme le loup blanc et simple à comprendre. À l'aéroport d'Orly, Securitas disposait de cinq salariés qui portaient la barbe recommandée dans le monde musulman. L'entreprise les a licenciés dans la foulée des attentats de 2015. Les intéressés attaquent leur employeur devant les prudhommes. 

Une question que le législateur a réglée pour l'administration

Cette situation ne se poserait évidemment pas dans le secteur public, où le législateur a réglé une fois pour toutes la question en prohibant tout signe extérieur d'appartenance à une religion. Le port d'une barbe faisant allusion à une confession serait en effet facile à interdire si l'employeur le décidait. 

La loi est sur ce point particulièrement carrée, au titre de la laïcité. 

Le législateur livre les employeurs à eux-mêmes

Comme souvent, deux poids deux mesures. Là où le législateur règle sans état d'âme ses problèmes d'employeur, il se montre beaucoup moins fiable et cohérent avec les employeurs du secteur privé. Ceux-ci ne peuvent revendiquer la laïcité dans leurs murs pour régler le problème. Ils doivent, selon des jurisprudences successives, trouver une sorte de proportionnalité très jésuitique dans les règles à appliquer en interne. 

D'où ces conflits incertains dont la jurisprudence peut avoir des conséquences importantes sur la vie des entreprises. 

La solution viendra-t-elle de l'Europe?

La Cour de Justice de l'Union Européenne a heureusement, en mars 2017, expliqué dans quelles conditions un employeur pouvait interdire le port de signes religieux en son sein. En particulier, l'interdiction doit concerner toutes les confessions et être prévue dans un règlement intérieur. 

Il n'en reste pas moins que, depuis plusieurs années, la bien-pensance française interdit de trancher clairement ces questions dans le secteur privé. Étant entendu que, pour le service public, la solution va sans dire. 

2 commentaires sur Islamophobie en entreprise: Securitas victime de l’incohérence bien-pensante

  1. Le terme “islamophobie” est en l’occurrence mal choisi puisque “phobie” veut dire “peur ou crainte de”.
    En l’espèce si on a compris – ce qui n’exige pas le QI d’Einstein ! – que “si tous les musulmans ne sont pas bien sûr des terroristes, PAR CONTRE TOUS LES TERRORISTES SONT DES MUSULMANS”, alors il s’agit de la simple application du “principe de précaution”, ce d’autant plus que le secteur de l’aviation est particulièrement vulnérable et exposé.

  2. Je suis étonné par cette question qui touche une infrastructure sensible. La sécurité dans un aéroport ne serait-elle pas une délégation de service publique ? Au pire par délégation d’ADP au travers d’un appel d’offres de service ? De mémoire, c’est une activité professionnelle qui dépend (sous contrôle) de la sécurité du territoire.

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