Islamophobie, Ramadan, Filoche: le racisme positif ne fait plus recette

Le racisme positif est la dérive la plus aboutie de la gauche bobo. Il consiste, sur le modèle de la discrimination positive, à reconnaître plus de droits objectifs aux "minorités visibles". Plusieurs actualités montrent que ce modèle, qui a fondé la justification du communautarisme rebaptisé "Vivre Ensemble" fait l'objet d'un rejet grandissant dans la société française.

La polémique entre Edwy Plenel et Manuels Valls joint à Charlie Hebdo en dit long sur le rejet dont le "vivre ensemble" fait l'objet désormais dans la société française. Depuis plusieurs années, Plenel explique que les Musulmans font l'objet de discriminations, notamment en France. Lorsque Charlie Hebdo a fait sa une sur Tariq Ramadan accusé de harcèlement sexuel, en lui prêtant un attribut phallique qualifié de sixième pilier de l'islam, Plenel a parlé de "guerre contre les Musulmans"

On retrouve ici le deux poids deux mesures qui fonde la pensée du "vivre ensemble". 

Quand une immense campagne de dénonciation visant le harcèlement sexuel dont les femmes font l'objet dans les milieux "blancs" dominants fait rage, Edwy Plenel ne dénonce pas de guerre et on n'entend pas sa voix pour contrer la méthode utilisée par les féministes de tous poils. Lorsque cette campagne vise Tariq Ramadan ou la misogynie profonde de l'Islam, tout à coup, la gauche bobo se réveille et en appelle à la modération, au débat démocratique, et dénonce immédiatement l'islamophobie. L'interview ci-dessus de Clémentine Autain donne un exemple éloquent des indignations à géométrie variable qui se présente comme vérité dans le marigot des bien-pensants.

Une réaction vive contre le racisme positif

Cette logique du "deux poids deux mesures" a une justification implicite. Quand la faute est commise par les classes jugées dominantes, elle est inexcusable et mobilise toutes les indignations. Quand elle est commise par celui qu'on a construit comme l'incarnation de la victime de tous les maux blancs (la colonisation, le capitalisme, le christianisme, entre autres), alors elle est excusée et un réflexe bienséant impose d'en attribuer la responsabilité finale au Blanc lui-même. 

Ainsi, Ary Weinstein accusé d'agresser une femme est un monstre. Tariq Ramadan chargé de la même accusation est une victime de l'islamophobie, cette discrète résurgence du colonialisme chrétien blanc.

On comprend l'anthropologie implicite dont le deux poids deux mesures est porteur. L'homme blanc est responsable de ses actes. L'homme musulman ne l'est pas, pas plus que l'homme noir. Ici, nous retrouvons paradoxalement la frontière historique du racisme européen: l'humanité adulte est blanche, et le monde noir est encore composé d'enfants qu'il faut excuser.

Du colonialisme au vivre ensemble

C'est le grand tour de force de la pensée bobo. Sous couvert de "vivre ensemble" et de tolérance à l'autre, elle est en réalité l'héritière contemporaine, la successeuse de la grande pensée portée par la IIIè République sur le colonialisme. 

On retrouvera dans les propos ci-contre de Jules Ferry l'explication originelle de cette cohérence. Entre l'éloge du droit d'asile pour le "surcroît de population des pays pauvres" et l'appel à l'occupation coloniale, la IIIè République n'a jamais porté de distinction de nature, mais simplement de degré. Dans l'esprit d'un Jules Ferry, les races supérieures se devaient d'accueillir les races inférieures sur leur sol, comme elles se devaient de les "civiliser" sur place. 

Cette distinction entre civilisateur et sauvage est à l'oeuvre, elle est même le substrat, dans la pensée du "Vivre ensemble" et dans la condamnation de l'islamophobie. Implicitement, la culture de l'excuse rejette hors de la sphère de l'humanité responsable, c'est-à-dire de l'homme blanc, les peuples que l'on excuse. 

Les bobos de Sud-Éducation 93 passent au monde "racisé"

Dans l'ordre du "Vivre Ensemble", le syndicat Sud-Éducation a franchi une étape nouvelle. Cette organisation militante qui organise des stages "anti-hiérarchie", demande au contribuable de financer des séances de formation pour les enseignants de couleur. Ces séances visent à déconstruire les stéréotypes racistes. 

On reconnaîtra à cette organisation syndicale le mérite de porter à son paroxysme la contradiction apparente des bobos. D'un côté, on dénonce les statistiques ethniques, les contrôles au faciès, la lutte contre l'immigration. De l'autre, on organise des formations "racisées". 

En réalité, c'est bien la construction d'un racisme positif qui nous est proposé: le racisme, c'est pas bien, sauf quand il profite aux victimes. 

On se félicitera que le ministre de l'Éducation porte plainte contre cette initiative. 

Le tweet de trop pour Filoche

Au passage, même les bobos du Parti Socialiste amorcent leur virage contre le vivre ensemble. après avoir toléré pendant des années les dérapages injurieux de Gérard Filoche, ils viennent de procéder à l'exclusion de l'impétrant après un tweet antisémite. 

Maladroitement, Filoche a retweeté un montage photo de Macron, entouré de personnalités juives influentes, portant un brassard de type nazi, mais avec le symbole du dollar à la place de la svastika. Cette iconographie antisémite lui vaut l'exclusion du parti.

On relèvera ici la proximité des univers fantasmatiques. Tous ces donneurs de leçons moralistes à la Filoche, tous ces bien-pensants, ne sont pas éloignés de l'univers racialisant. On voit bien que la haine du capitalisme que porte Filoche est inscrite dans le même écosystème que la haine du Juif. Et l'on voit bien que l'impasse que tout ce petit monde aime faire sur l'anti-judaïsme profond de l'Islam contemporain trouve des connexions dans une doxa économique reposant sur des sous-jacents inconscients. 

Et c'est peut-être la conclusion que l'on a envie de dresser aujourd'hui. On s'aperçoit peu à peu que les militants de l'anti-racisme se démasquent, par leurs actes inconscients comme par les tabous qu'ils tentent d'imposer. Et si l'antiracisme d'aujourd'hui était la reprise, la succession, l'héritage de l'anthropologie coloniale qui a façonné le monde il y a cent cinquante ans?

 

Je disais, messieurs, que la forme première de la colonisation, c’est celle qui offre un asile et du travail au surcroît de population des pays pauvres ou de ceux qui renferment une population exubérante.

Jules Ferry, discours du 28 juillet 1885

1 commentaire sur Islamophobie, Ramadan, Filoche: le racisme positif ne fait plus recette

  1. enfin après des années où ces gauchos de m… nous ont traités de raciste parce que nous en avions marre de ces gens sans être une adepte de Charly je suis d’accord avec lui et ils ont payé le prix du sang et de ce fait Charly a le droit !!! et valls enfin il a ouvert et vraiment ouvert les yeux un peu tard mais il l’a fait et ce GVT lesa t-il ouvert ? jen’en sus pas sure

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