Jour de carence des fonctionnaires : quand Emmanuel Macron retourne sa veste

Mesure phare d'Emmanuel Macron et du gouvernement, le rétablissement du jour de carence des fonctionnaire sera mis en place dès le 1er juillet 2018. Cependant, un compte-rendu de séance au Sénat de 2015 montre un très clair revirement de la situation de l'actuel président de la République. 

Portée par Gérald Darmanin, le rétablissement du jour de carence va permettre de rapprocher les secteurs privé et public en enlevant le premier jour de paie des fonctionnaires publics en cas d'arrêt maladie. 

"Ce n'est pas la bonne mesure"

La formule en 2015 avait au moins le don d'être claire, très claire. Alors qu'il était ministre de l'Economie sous François Hollande, Emmanuel Macron se retrouvait pris à parti par Jean-Pierre Grand (LR) qui souhaitait rétablir la carence chez les fonctionnaires pour rétablir l'équité entre public et privé, tout en limitant sa mesure à un seul jour de carence. 

Dans sa réponse de l'époque, l'actuel président est bien obligé de confesser que "les chiffres de l'absentéisme ne sont pas bons". Pour autant, il vire immédiatement de bord en ajoutant "Toutefois, ce n'est pas la bonne mesure [que de rétablir le jour de carence]". Pour lui, il faut s'attaquer au problème de fond en menant "une véritable réflexion sur le sujet de l'absentéisme et du bon fonctionnement de la fonction publique de manière très concrète". 

Comment expliquer un tel changement de position ? L'arrivée au pouvoir ? Ne soyons pas aussi catégoriques. Mais il n'empêche que nous aimerions bien avoir entre les mains une réponse, aussi claire que ses prises de paroles dans les débats, pour expliquer cette pirouette. 

L’argument selon lequel on crée une injustice au détriment du secteur privé n’est pas tout à fait pertinent, en raison des couvertures résultant des conventions collectives dont bénéficient les deux tiers des salariés du privé.

2 commentaires sur Jour de carence des fonctionnaires : quand Emmanuel Macron retourne sa veste

  1. Entièrement d’accord.
    Comme les fonctionnaires n’ont pas d’objectifs, ni de primes sur objectifs, ils n’ont aucune raison de faire mieux, plus. D’ailleurs, les maires sont obligés de sous-traiter ce qu’ils ne veulent pas faire

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