Jusqu’au bout, le RSI aura vécu dans le déni des évidences

Le déni a parfois la vie dure. C'est le cas au RSI, où les salariés, qui ont appris hier leur disparition programmée (en tout cas celle de la structure qui les emploie) continuent à nier les dysfonctionnements dont ils ont souvent été les acteurs. Cette surdité aux aspirations des "clients" laisse dubitatif. 

La presse régionale raconte la visite des ministres, hier, au siège du RSI de Dijon. Cette visite, menée sans Édouard Philippe, après les annonces faites depuis la Chambre consulaire sur le plan en faveur des indépendants, a permis aux ministres concernés de mesurer la distance qui sépare les agents du RSI et leurs assurés. 

Le déni du "tout va bien"

Ainsi, on découvre qu'une collaboratrice du RSI à Dijon déclare: 

«Pourquoi le gouvernement souhaite-t-il supprimer aujourd'hui un organisme et une organisation qui fonctionnent ? En témoigne le nombre de réclamations (1% du total des demandes) et de demandes de médiation (0,1%)».

Rappelons que le RSI compte 2,8 millions de cotisants. 1% de réclamations, ça fait quand 28.000 demandes par an, et 2.800 demandes de médiation. Mais, tout va bien!

On mesure mieux le calvaire que les indépendants ont pu vivre, placés sous la coupe de gens aussi aveugles à la difficulté de leurs clients. 

Des constats terribles dressés par l'État lui-même

Ce déni est d'autant plus étonnant que la satisfaction des assurés est suivie pratiquement en temps réel par les pouvoirs publics. Or, la dernière étude examinée par le Comité de suivi du RSI date de février 2017. Elle indiquait déjà: 

Les résultats de l’enquête annuelle de satisfaction indépendante réalisée par Médiamétrie ont été présentés au Comité. Cette enquête montre sur plusieurs points précis des améliorations ressenties par les usagers, même si le niveau de satisfaction global ne progresse pas.

On comprend que, pour des raisons d'affichage, le gouvernement ait insisté sur l'amélioration ressentie sur plusieurs points. Il n'en reste pas moins que le "niveau de satisfaction global" n'a pas évolué malgré les efforts déployés par le gouvernement. 

Mais, "ça fonctionne", selon les agents du RSI.

Le coût d'un adossement en deux phases

Au 1er janvier 2018, la marque RSI disparaîtra. Le gouvernement se donne deux ans pour négocier avec les près de 6.000 agents du RSI l'évolution de leur statut et leur dilution au sein du régime général.

Sur ce point, Gérald Darmanin a déclaré: "Avec Agnès Buzyn, nous avons rassuré sur le fait que tous les emplois seraient préservés et qu'il n'y aurait pas de mobilité géographique obligatoire. En revanche, si certains veulent changer de métier ou d'affectation, nous les aiderons à le faire. Il resteront au service des indépendants, sans casse sociale ni casse humaine."

On suivra avec attention le coût final de cette stratégie. 

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*


Lire les articles précédents :
L’État vend 111 millions d’actions d’Engie à un tarif historiquement bas

L'État vient de vendre 111 millions d'actions Engie pour financer l'innovation. Cette politique de cession d'actifs (mot pudique pour désigner...

Fermer