La folie brejnevienne du prélèvement à la source

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Le gouvernement a décidé de mettre en place le prélèvement à la source, contre vents et marées. L’annonce n’a pas encore mobilisé les foules, mais elle ne manquera pas de le faire. Elle est si complexe, si bureaucratique, si incompréhensible, qu’elle constitue une véritable bombe à retardement pour le prochain gouvernement.

Prélèvement à la source: une réforme brejnevienne

Le gouvernement a ficelé on ne sait trop comment le dispositif de prélèvement à la source, qu’il a intégré au projet de loi de finances pour 2017. Il s’agit en fait d’une folie brejnevienne dont nous publions le texte intégral aujourd’hui.

Qui a vraiment compris de quoi il s’agissait? Pas les députés socialistes, en tout cas, ni même les cabinets ministériels chargés de suivre le travail parlementaire. La majorité a laissé passer hier un amendement de l’opposition sans comprendre qu’il remettait en cause la totalité du dispositif imaginé par le gouvernement.

L’affaire fait tâche, puisqu’elle oblige le gouvernement à user d’une astuce de procédure pour obtenir un nouveau vote sur le même texte, avec les bons députés dans l’hémicycle, cette fois.

Que révèle cette affaire? sinon que, sur les bancs même de la majorité, personne n’a compris en quoi consistait la réforme du gouvernement. Celle-ci a été bâclée, mal expliquée, confinée dans les coulisses de Bercy. Pour les élus, il s’agit juste d’un tour de passe-passe qui permettra d’afficher une non-imposition des revenus de 2017. Rien de plus. Pour le reste, on laisse les opérations sur le terrain entre les mains des techniciens. Jusqu’à valider un amendement qui ruine un projet dont on ne comprend pas le fonctionnement.

Du brejnevisme gouvernemental

Voici le texte incriminé, qui fait peser sur les employeurs une menace épouvantable:

25 pages de texte pour mettre en place une réforme en 2018 qui touchera tous les employeurs! La folie est ici intégrale. Elle déporte sur des millions d’entreprises la charge qui pesait sur Bercy sans aucune compensation financière. Et elle impose une couche de complexité dont peu d’entreprises se remettront.
En dehors des bureaucrates brejneviens qui emplissent les bancs du Parti Socialiste, qui peut comprendre une réforme pareille?
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A propos Éric Verhaeghe 148 Articles
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