La santé collective grignote logiquement du terrain

La direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) a récemment publié une étude concernant le marché de la complémentaire santé.

A l’aube de la généralisation de la complémentaire santé, cette étude pointe logiquement une augmentation du nombre de contrats collectifs. Elle fait également un état des lieux financier du secteur.

Les sociétés d’assurances avancent sur la complémentaire santé

L’étude menée par la DREES montre que de 2001 à 2014 les sociétés d’assurances sont passées de 19% de parts de marché à 28%, mais la santé ne représente au final que 5% du chiffre d’affaires des sociétés d’assurances en 2014. Au contraire, les mutuelles ont vu leurs parts de marché grignotées pour chuter de 60% en 2001 à 53% en 2014, la santé représentant encore 84% de leur chiffre d’affaires total en 2014. Du côté des institutions de prévoyance, une petite baisse de 21% à 19% de parts de marché est constatée : la santé génère 47% de leur chiffre d’affaires sur l’année 2014.

 

Le marché de la complémentaire santé collective en hausse

De 2007 à 2014, la part des contrats santé collectifs, tous organismes confondus, est passée de 40% à 43%. A l’inverse, celle des contrats individuels a baissé de 60% à 57%.

En prenant individuellement chaque type d’organisme, la part des contrats collectifs a augmenté de 2007 à 2014, passant même de 25% à 29% du côté des mutuelles.

La DREES note que la part des cotisations collectées, qu’il s’agisse de contrats individuels ou collectifs, associée aux frais de gestion administrative a augmenté de 2009 à 2014, faisant ainsi diminuer la part des cotisations allouée aux sinistres. Il est à noter que les dépenses associées aux contrats collectifs sont plus élevées que les cotisations recueillies : elles représentaient 104% des cotisations en 2014.

 

Des résultats techniques déficitaires en santé collective

Le document note des résultats excédentaires sur l’ensemble de l’activité santé, tous organismes confondus. Mais il ressort des données détaillées que plusieurs points négatifs sont à souligner. Les institutions de prévoyance ont une activité santé déficitaire depuis 2010, s’établissant à -2,9% en 2014. Au contraire, les sociétés d’assurances et les mutuelles restent dans le positif.

C’est dans la distinction opérée entre les contrats santé individuels et les contrats santé collectifs que le grand écart s’opère : les résultats associés aux contrats individuels sont positifs à 4,4%, alors que ceux des contrats collectifs sont creusés à -3,8%. D’après l’étude, ces déficits font suite à plusieurs années d’excédents, pas de quoi paniquer donc. Mais il sera intéressant de voir, sur la durée, l’évolution des résultats et leur conséquence sur l’évolution des cotisations prélevées auprès des assurés.

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