La violence, seule réponse possible pour refuser l’installation d’un compteur Linky ? Peut-être…

Les violences faites aux techniciens d’Enedis se multiplient. Si la société se désole de ces cas extrême, il faut rappeler qu’elle avait donné le droit à ses employés d’aller jusqu’à casser les cadenas de protection pour installer les compteurs Linky. 

Le compteur Linky continue de déchaîner les passions. Et les opposants au compteur qui collecte et envoi des données à la société Enedis mènent toujours la fronde. Mais si certaines solutions sont plutôt pacifiques comme le rajout de grilles de sécurités ou de cadenas sur les compteurs visant à empêcher toute pose, certains n’hésitent pas à s’en prendre aux installateurs.

Menacé d’une arme, jeté au sol, roué de coups

Les cas d’agression concernant des agents Enedis ne cessent de se multiplier. Cette fois, c’est un employé d’un sous-traitant qui a été pris à parti dans le Puy-de-Dôme, alors qu’il n’était pas censé poser de compteur. Pour autant plusieurs versions se croisent. D’après Enedis, l’homme de 21 ans s’était rendu auprès d’une famille pour expliquer le fonctionnement du compteur.

Une version contredite par la famille qui explique que le jeune homme était rentré sans autorisation dans la demeure familiale. S’en suit des explications plus que musclées. 24matins.fr explique que le technicien aurait ensuite été menacé d’une arme l’occupant de la maison « qui lui aurait dit de partir sans quoi il irait chercher sa carabine.« 

L’employé aurait tenté de calmer la situation mais il aurait été roué de coups par le sexagénaire, bientôt rejoint par un deuxième homme présent sur les lieux lors de l’événement. Le jeune homme aurait été, entre autres, jeté au sol, frappés à coups de pieds et de poings, et son matériel aurait été détruit. 

Souffrant de légères blessures et de contusions, il a reçu deux jours d’ITT avant de déposer plainte. 

La note plus que discutable d’Enedis

Insultes, menaces, coups… Il semblerait que ces violences soient une réponse aux pratiques discutables de la société incriminée. Car si, dans ce dernier cas dans le Puy-de-Dôme, Enedis affirmait que le jeune homme n’était pas venu installer un compteur, il a été démontré qu’il ne disposait d’aucune autorisation pour pénétrer dans la maison.

En juin dernier, l’équipe d’Envoyé Spécial mettait la main sur une note interne distribuée aux techniciens d’Enedis. Ce document, que nous proposons ci-dessus, rappelle les pratiques à adopter par les techniciens dans les cas où ils se verraient refuser le droit d’installer un compteur.

On lit par exemple qu’ils ne doivent « pas tenir compte des affiches d’interdiction », que les techniciens doivent « installer librement les compteurs si la maison n’a pas de murs ou de portail ». De même, si le compteur d’origine dispose d’un cadenas, le technicien peut aller jusqu’à « casser le cadenas. »  Mais il existe aussi des cas où le technicien est invité à faire demi-tour, en cas de présence policière ou bien de la presse.

D’après les informations recueillies par nos confrères de France Télévisions, cette note ne serait plus en vigueur. Ce qui présuppose tout de même qu’elle l’a été…

Alors, la violence extrême est-elle la seule réponse opposable à Enedis qui donne le droit à ses techniciens et médiateurs de violer des propriétés privées ? Certains n’hésitent pas à organiser des rondes solidaires pour prendre les techniciens auteurs sur le fait et les traduire en justice. D’autres leur refusent physiquement le droit d’intervenir sur les compteurs. Mais en attendant, la situation devient irrespirable. 

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