L’Agriculture française… Produire plus pour gagner moins ?

L’agriculture française un secteur qui stagne encore et toujours ? Les indicateurs demeurent très inquiétants.

Subventions comprises, la « valeur ajoutée » brute (écart entre le chiffre d’affaires et le coût des engrais, pesticides, etc.), par emploi agricole, a grimpé de 8,6 % en 2017. Maigre satisfaction qui ne comble pas, hélas, une année 2016 catastrophique ayant encaissé une crise du lait et une météo entraînant de mauvaises récoltes de céréales.

De plus, les fermes françaises sont chaque année un peu moins nombreuses : 437 000 au dernier recensement, c’est 11 % de moins qu’en 2010.

 

En dépit des aides et subventions, le secteur ayant bénéficié d’importants allègements, la situation des exploitations reste difficile, la valeur ajoutée demeurant trop faible. 

 

D’autres faits inspirent le pessimisme !

L’agriculture subit régulièrement des crises (cours, météo, embargo, épidémies, etc.) équivalentes à celle de l’effondrement des marchés de 2008.

L’endémique stagnation, voire la baisse, de la valeur ajoutée du secteur agricole.

Aucune croissance depuis 2000, alors que la moyenne de l’économie française réalisait 25 % sur 17 ans.

L’agriculture n’est plus en décroissance, comme dans les décennies précédentes : on comptait 50 milliards de valeurs ajoutées dans les années 1970 (en euros constants) contre 30 depuis les années 2000. L’agriculture française a produit plus entre 70 et 90, mais les prix ont chuté de quasiment 60 % dans la même période.

 

Depuis 4 ans les investissements baissent (9,7 milliards en 2017).

 

Autre signe très inquiétant, pour la première fois depuis 40 ans, les importations de produits agricoles en France (fruits, légumes et porc d’Espagne, volailles de Pologne, soja d’Amérique du Sud, par exemple…) sont supérieures aux exportations de plus de 500 millions d’euros.

 

Nos produits produits transformés – nos fameux fromages, vins et alcools en particulier qui font notre fierté nationale – valent encore à la France un excédent commercial de 5,6 milliards sur l’agroalimentaire.

 

Rappelons-nous qu’en 2012, le seul secteur agricole réalisait plus du double !

 

Une petite note d’optimisme !

 

Pour conclure avec le discours d’Emmanuel Marcon devant le parlement réuni en congrès le 9 juillet dernier à Versailles :

« Contre ceux qui condamnaient l’agriculture française à la fuite en avant mortifère d’une concurrence dévorante avec les grands pays de production intensive, nous avons engagé un vaste mouvement vers les savoir-faire français, l’excellence, les productions dans leur grande variété, en particulier les plus respectueuses de l’environnement. Vous allez ainsi rebâtir une souveraineté alimentaire de qualité pour la santé et le bien-être de nos concitoyens, mais aussi pour permettre à nos paysans de vivre dignement de leur travail ».

Pour tous ceux qui sont en vacances et qui ont la chance d’aller faire leurs courses sur les marchés régionaux. Défendez nos agriculteurs. Choisissez des produits locaux et de saison. Bon appétit !

1 commentaire sur L’Agriculture française… Produire plus pour gagner moins ?

  1. Pour préférer l’origine France dans l’alimentaire, il faudrait qu’on puisse le choisir. Avez-vous remarqué que la restauration collective continue d’échapper à toute contrainte d’information sur la provenance de la nourriture servie ?

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