L’Allemagne en guerre contre la BCE?

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La politique de la BCE, fondée sur des taux bas voire négatifs, épuise l’Allemagne et ses épargnants, autant qu’elle permet de sauver le système bancaire allemand, très affaibli par une sous-capitalisation. Pour l’Allemagne, l’épreuve de la BCE constitue donc un vrai dilemme, face auquel les “faucons libéraux” commencent à manifester leur impatience.

La BCE et son conflit d’intérêts

Jens Weidmann, président de la Bundesbank et membre du directoire de la BCE, a d’ailleurs porté un très rude coup à cette situation particulière en soulignant le “conflit d’intérêts” qui déchirait la BCE, entre son rôle de supervision bancaire et son rôle de créancière des principales banques européennes.

“En tant qu’organe de supervision bancaire, elle pourrait trouver difficile d’être sévère avec une banque, ou même de la liquider, si elle sait que, du fait de ses mesures de politique monétaire, elle est son plus gros créancier,” a-t-il dit au Süddeutsche Zeitung et à d’autres journaux européens.

Sur le fond, on rejoindra la position de Weidmann. Dans l’hypothèse où une banque européenne vacillerait, elle entraînerait avec elle une partie du bilan de la BCE, ce qui augmenterait les risques systémiques.

La BCE too big to fail?

Weidmann appuie évidemment là où ça fait mal. En rachetant plus de 1.000 milliards d’actifs sur les marchés, en pratiquant un système de LTRO destiné à encourager le crédit bancaire en Europe, la BCE a lancé de dangereux ponts entre son équilibre économique et le marché bancaire européen. Il suffirait que celui-ci s’écroule pour que l’économie européenne soit balayée dans la faillite subséquente de la BCE.

On doit à Mario Draghi cette bien dangereuse politique, dont l’assouplissement monétaire est la raison officielle. On a pourtant testé, en 2008, les dangers de ces connivences bancaires…

Au demeurant, faut-il rappeler que l’assouplissement monétaire est un échec: il n’a pas permis de relancer l’inflation, comme le mandat confié par les traités l’enjoint de le faire à la BCE.

Un plaidoyer pour la remontée des taux

Dans la même interview, Weidmann a par ailleurs plaidé pour une remontée des taux:

“En aucun cas, les taux ne doivent rester aussi bas, plus longtemps que la stabilité des prix ne le rend absolument indispensable”

On se demande combien de temps encore la BCE pourra maintenir ses taux bas et son assouplissement monétaire.

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