L’Assemblée nationale à l’épreuve du social-libéralisme

Décidément, nos hommes politiques nous étonneront toujours un peu plus chaque jour. Alors que des députés LREM sont en pleine polémique suite à leurs propos concernant leur rémunération trop basse à leur goût, d’autres veulent tout bonnement instaurer la méditation à l’Assemblée nationale.

« A trois, vous n’entendrez plus que ma voix et vous prendrez la pose du lotus. » Que les défenseurs de la zenitude nous excusent de ce trait grossier tiré sur leur pratique mais l’information valait bien que l’on se moque un peu. 

Mardi 12 décembre, Christophe André, psychiatre et auteur de best-sellers sur l’impact positif de la méditation a fait une présentation de ces vertus devant une trentaine de députés, tous acquis à sa cause. 

De la méditation à l’Assemblé nationale !

Depuis 2014, des séances de méditations sont proposées au sein du Parlement britannique. Plus particulièrement, il s’agit d’exercice sur la pleine conscience consistant à s’asseoir une heure et quart sur une chaise, yeux fermés et le dos bien droit. Le Dr Mark Williams qui a amené cette initiative plaisantait à ce sujet en affirmant « ne pas encore les faire s’asseoir en position du lotus« . 

Visiblement, l’initiative a séduit outre-Manche puisque les députés Delphine Batho (PS) et Pacôme Rupin (LREM) veulent proposer des séances à nos députés. Et ce dernier d’expliquer dans La Croix que « la méditation est recommandée pour les responsables politiques ». 

Le cadet de leurs soucis

En entendant ces propos, on peut logiquement se demander si cette proposition apparaît bien légitime au vu des polémiques dans lesquelles sont englués les députés de l’Assemblée. D’abord, même avec un nouveau gouvernement, les pratiques restent et l’absentéisme est toujours bien présent. Delphine Batho présente globalement des statistiques de présence sur les six derniers mois au-dessus de la médiane des députés. La réciproque n’est pas tout à fait vraie pour Pacôme Rupin qui apparaît tout juste à la moyenne. 

Alors on peut effectivement se dire que les députés sont stressés au vu des missions qui leur incombent, des séances parfois à rallonge quand elles ne deviennent pas carrément nocturnes.

Cependant, on s’insurge aussi quand des élus LREM déclarent « être obligés de moins aller au restaurant, de ne pas s’y retrouver à la fin du mois, de trop travailler pour seulement 5 000€ mensuels » sachant que d’après l’Insee, le salaire moyen dans le public est de 1 870€ mensuels. Heureusement, le gouvernement a annoncé fournir une aide de 1 200€ à nos chers (très chers) députés qui sont obligés de loger à l’hôtel.

Les députés ont-ils peur du libéralisme ?

Promesse de campagne de plusieurs candidats à l’élection présidentielle, la réduction drastique du nombre d’élus à l’Assemblée nationale. Cette mesure semble même s’approcher de plus en plus car François de Rugy, président de l’Assemblée, a présenté une série de propositions pour réduire le nombre de parlementaires et élire les députés à la proportionnelle. De 577 députés, le nombre serait restreint à 403. 

Aujourd’hui, il est reconnu que les débats entre le Sénat et l’Assemblée nationale traînent en longueur, engageant alors des frais supplémentaires. Dans une logique de réduction budgétaire appliquée à tout le territoire, il est normal de voir la classe politique contribuer mais aussi de voir ses effectifs se réduire si la formule ne fonctionne pas. En ce sens, on peut dire qu’Emmanuel Macron a le mérite d’aller au bout du projet et d’appliquer le principe d’universalité. 

Seulement, il semblerait qu’ils ne pensent pas pouvoir être à la fois dans la fonction publique tout en étant libéral. Si ces deux conceptions paraissent antithétiques au premier abord, elles sont beaucoup plus liées qu’elles n’y paraissent. 

Ainsi, le courant classique permet effectivement une compatibilité entre ces deux notions dans la mesure où la diminution du rôle de l’Etat providence inadapté à l’époque et aux défis sociaux actuels, permette une plus grande efficacité. En ce sens, l’incorporation d’une logique d’entreprise et d’une plus grande concurrence entre les élus n’est pas inintéressant. 

Un travail sur notre intériorité peut nous aider à prendre du recul et à mieux gérer des situations tendues. On peut imaginer travailler à sensibiliser et à promouvoir la méditation dans certains secteurs, en particulier ceux dans lesquels les Britanniques ont déjà mesuré les impacts de cette pratique : l’école, l’hôpital, l’entreprise et la prison.

Pacôme Rupin

 

 La méditation dont nous parlons, dite ’’en pleine conscience’’, est une forme laïque et plus simple que celles enseignées dans différentes traditions religieuses comme le bouddhisme, où l’apprentissage peut prendre jusqu’à dix ans.

Christophe André

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