L’assouplissement quantitatif de la BCE a augmenté l’inflation de 0,5 point

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Le programme d’assouplissement quantitatif de la BCE n’a augmenté l’inflation que de 0,5 point en 2016 selon une étude menée à la Banque de France. Les milliards d’euros « distribués » par l’Eurosystème depuis 2014 ont ainsi loupé l’objectif de se rapprocher des 2% alors que cette politique monétaire suscite déjà les grognes.

L’assouplissement quantitatif à l’origine du rebond des encours de prêts

Taux directeurs à 0%, taux de facilité de dépôt à -0,40%, refinancement du crédit (TLTRO Targeted Longer-term Refinancing Operations) et plus d’un milliard d’actifs rachetés, le quantitative easing (QE) a relancé le crédit en Europe :

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Comme on peut l’observer sur ce graphique, la France se trouve au-dessus du lot avec des encours se rapprochant des 4% pour les ménages et à plus de 5% pour les SNF. Néanmoins, les effets du QE sont particulièrement disparates selon le pays et la mesure considérés.

Le programme APP (asset purchase programme) sur le rachat d’actifs n’a notamment profité à la France que pour -0,8 point sur les taux souverains en 10 ans et 0,4 point de croissance du PIB (Insee). L’Italie a pourtant bénéficié de 0,5 point d’inflation en 2015 et 0,7 point en 2016, mais également de 0,5 point de PIB en 2015 et 0,8 point en 2016. Pour l’Espagne, les crédits n’ont pas tant évolué, mais la croissance est plus forte.

Un ratage de l’ultime cible

Après 3 ans environ de pratique et maints ajustements, l’assouplissement quantitatif de la BCE n’a pas produit l’effet escompté. L’inflation qui est censée être « proche, mais en deçà de 2% » n’était qu’à 0,41% en septembre. Le crédit et les taux ne constituent effectivement que de petits rouages d’une grande machine économique également tributaire des perspectives de croissance de la demande.

Le QE ne serait-il donc pas plongé dans une profonde désuétude ? Les grognes contre les stimuli monétaires commencent à s’intensifier, tandis que des rumeurs sur le « tapering » ont déjà circulé. L’Allemagne, première économie européenne, subirait une « socialisation des dettes publiques » insupportable pour les épargnants.

Mario Draghi, président de la BCE, préfère garder le suspens face à l’impasse et a renvoyé l’affaire à la prochaine réunion du 8 décembre. De leur côté, les économistes oscillent entre un « tapering » (improbable selon Draghi) et le prolongement des rachats d’actifs de 6 à 9 mois. Affaire à suivre!

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