L’Auvergne donne un travail et paie le loyer des nouveaux venus

C'est la bonne idée du jour : l'agence régionale des territoires d'Auvergne reconduit pour la sixième fois son dispositif "New Deal" qui permet aux nouveaux arrivants de faciliter leur installation en leur trouvant un travail et en leur payant trois mois de loyers de 500 euros. Mais cette initiative semble aussi avoir ses limites. 

L'idée derrière le "New Deal" est simple et le portail web de l'initiative fonctionne comme n'importe quel autre annuaire de l'emploi en ligne. Après avoir trié les offres disponibles (environ 150), vous êtes mis en relation avec l'entreprise qui donnera suite ou non à la candidature. Et si l'issue est positive, vous pouvez bénéficier du dispositif. 

" Vélo, boulot, rando "

L'action a de quoi être intéressante puisque que de nombreux domaines sont représentés parmi les 150 postes proposés. On retrouve aussi bien l'aéronautique que la métallurgie, le numérique ou encore l'agroalimentaire. De plus, cette année le dispositif bénéficie d'une nouveauté majeure puisque les entreprises pourront aussi prendre en charge l'installation de nouveaux arrivants, en plus de la prise en charge déjà effective par la région. Cette inspiration permet ainsi de multiplier le nombre de postes disponibles. 

Un point négatif subsiste : on déplore la faible variété des niveaux de qualification requis dans les métiers proposés. Environ 20% sont destinés aux ouvriers et 80% aux agents de maîtrise, les chercheurs, les comptables ou encore les cadres. Néanmoins, ils sont pour la plupart tous en CDI. 

Une efficacité nuancée

Tout d'abord, on peut questionner la réussite de cette initiative. Avec 400 emplois pourvus en six ans, on obtient une moyenne de 67 nouvelles arrivées par an. Et quand on se penche un peu plus sur le profil de nouveaux arrivants, ce n'est pas forcément le public cible qui vient s'installer en Auvergne. D'après l'INSEE, la région attire majoritairement des jeunes (25 959 nouveaux arrivants avaient entre 20 et 24 ans) qui viennent non pas pour travailler ou créer une entreprise, mais pour étudier. Autrement dit, ces derniers ne sont pas éligibles à ce "New Deal". 

On pourrait penser que ces jeunes représentent "un investissement sur le tard", car ils pourraient profiter de l'offre après la fin de leur cursus (les auvergnats peuvent postuler à condition qu'ils changent de département ou déménagent à plus de 60 km), seulement le risque est alors de tomber dans une politique auto-centrée qui la dessert déjà au rayonnement régional. D'après le baromètre annuel de l'attractivité et du dynamisme des métropoles françaises du cabinet Arthur Loyd, Clermont-Ferrand est classée 12e sur 13 au niveau de l'ouverture à l'international.

"On a reçu au total 17.000 CV et 400 emplois ont déjà été pourvus"

Frédéric Bonnichon, président de l'Agence régionale des territoires d'Auvergne

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