LBD : les Etats-Unis testent les bolas, une alternative qui ne blesse pas

Une entreprise états-unienne a développé une arme parfaitement non-létale pour éviter le recours aux armes de service des agents de police, tout en permettant de garder une distance de sécurité. Le bolas sera prochainement testé par la police de San-José en Californie. Une alternative crédible au LBD, englué dans de trop nombreuses polémiques, notamment durant les manifestations des Gilets Jaunes.

Et si la police de San-José (Californie) se mettait à utiliser un armement que l’on avait seulement vu que dans les films de Batman ? C’est le projet de l’entreprise BolaWrap qui a développé une arme miniaturisée et portative permettant d’appréhender une personne sans avoir recours à la force létale ou à une arme intermédiaire de type LBD.

Une arme absolument non-létale

Lors des forums de Los Angeles et de recherches des cadres policiers, l’entreprise BolaWrap s’est invitée avec un produit novateur dans le maintien de l’ordre et l’interpellation des individus. L’entreprise souhaite mettre l’accent sur des solutions non-létales dans un pays où les forces de l’ordre ont des gâchettes très sensibles.

Les démonstrateurs ont présenté le BolaWrap 100, une sorte de lanceur qui tient dans la main et qui projette une corde avec des crochets à chaque extrémité. Ejectée à plus de 400km/h, la corde s’enroule alors autour de la personne visée, les crochets se fixant entre eux, pour restreindre durablement la mobilité. 

Les jambes sont prioritairement visées mais le torse et les bras peuvent aussi être pris pour cible par l’arme qui dispose d’une portée de près de 7m. Le dispositif est chargé avec des cartouches de 9mm, propulsé par la combustion d’une demi balle de poudre chargée à blanc. 

La portée semble encore très faible pour du maintien de l’ordre. Actuellement, suivant la munition utilisée, le LBD dispose d’une portée maximale de 50m.

Pour Don De Luccas, chef de la stratégie de Wrap Technologies et ex-chef de police, il était important de présenter une solution non-létale qui permet l’interpellation. 

Chaque dispositif vaut 800$ et les munitions coûtent 30$ pièce. Utilisés depuis des siècles par les chasseurs inuits et largement présents dans les films d’actions, les bolas devraient être testés par la police de San-José, en conditions réelles. 

Restent que mal utilisés, les bolas peuvent occasionner quelques blessures dont des déchirures de vêtements et quelques griffures. Les tirs à la tête sont évidemment proscrits. Aussi, l’entreprise ne dit rien sur le risque de blessure en cas de chute après un tir qui saucissonnerait les jambes de l’individu.

Une solution équivalente en France ne semble, néanmoins, pas à l’ordre du jour. Ce mardi 5 février, Christophe Castaner expliquait encore à Konbini que le LBD était, malgré les graves blessures et mutilations qu’il peut occasionner, la meilleure option pour les forces de l’ordre dans un contexte où le corps à corps serait trop dangereux pour les agents, qui doivent néanmoins éviter d’utiliser leur arme de service.

On se demandera juste pourquoi aucune étude sur le développement d’une autre arme intermédiaire n’a été réalisée avant les polémiques sur le LBD et les grenades de désencerclement pointées du doigt durant les manifestations des Gilets Jaunes.

1 commentaire sur LBD : les Etats-Unis testent les bolas, une alternative qui ne blesse pas

  1. Pas mal du tout !

    Cependant, ça ne changerait strictement rien à l’affaire, parce que, le lien s’accrochant aux vêtements par deux doubles-crochets, le résultat sera le même quand un manifestant les prendra dans les yeux – car enfin, c’est bien de cela qu’il s’agit et de rien d’autre : il-y-a dans les forces de police¹ des éléments qui sont non-seulement pourris (carrément sadiques, voire désaxés), mais aussi parfaitement identifiés, du moins par leurs « collègues » proches, et qui sont beaucoup trop souvent systématiquement couverts par leurs hiérachie et syndicat.

    QUAND la police fera-t-elle le grand ménage dans ses rangs ?

    ——
    ¹ – Police, pas gendarmerie, ou plus exactement, policeS – d’abord parce que la gendarmerie, c’est l’armée et que ses filtres fonctionnent relativement bien à tous les niveaux, ensuite, parce que c’est… l’armée, avec tout ce que ça entraîne comme discipline et surtout, responsabilité, et aussi parce que que le nombre de tirs de LBD des gendarmes est très inférieur au reste des forces de répression du public (quelques tirs par manif ; on en revient à la responsabilité…)

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