Le gouvernement prévoit de céder l’entretien du réseau routier secondaire aux sociétés autoroutières

Autoroute A2 - Barrière de péage de Hordain

Pour éviter les mêmes problématiques qui sont survenues suite au mauvais entretien du réseau ferroviaire, le gouvernement a choisi d’agir. Outre la création d’un établissement devant organiser cet entretien, le gouvernement réfléchi aussi à confier cette tâche aux sociétés autoroutières. 

L’information a été lâchée par Le Journal du Dimanche ce week-end. Le gouvernement envisage de demander aux sociétés qui gèrent le réseau autoroutier en France, de se pencher aussi sur celle du réseau secondaire et de participer à son entretien. En contrepartie, l’Etat proposerait d’allonger la durée des concessions.

Un Etat qui voit à court-termes face au privé qui avait anticipé

Le 1er février, l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR) estimait à 3 693 personnes le nombre de tués sur la route en 2017. Parmi les motifs d’accidents, on retrouve logiquement la vitesse, l’alcool au volant ou encore la conduite en état de fatigue et l’usage du téléphone. 

Cependant, l’ONISR constate que le premier facteur accidentogène, qui tue près de 35% des personnes accidentées, est bel et bien le mauvais entretien de la chaussée. Et alors que le gronde contre la limitation à 80km/h tend à être mise en sourdine, il n’était plus possible de taire celle qui concerne l’état du réseau routier qui concerne les départementales et autres rocades.

Pour lutter et éviter de reproduire la problématique liée au réseau ferroviaire, le gouvernement veut mettre sur pieds un établissement public chargé des routes. Le budget lié à l’entretien des routes va aussi passer à 815 millions d’euros mais il ne dépassera pas, d’après nos confrères du JDD, les 930 millions d’euros annuels. Loin du milliard d’euros nécessaire pour durablement remédier au problème. 

Une autre solution semble donc se dégager : confier l’entretien du réseau secondaire aux entreprises qui gèrent déjà le réseau autoroutier. Il ne s’agirait pas de rendre payantes ces portions de routes secondaires mais bien d’utiliser l’argent collecté grâce aux péages des autoroutes. 

La contrepartie serait toute choisie : l’Etat augmenterait la durée des concessions des autoroutes à ces entreprises. A l’origine, elle était de 30 ans. Elle pourrait finalement s’étendre à 31, 32 voire 33 ans. 

Du côté du gouvernement, on affirme qu’aucune solution n’a encore été choisie et qu’un rapport doit voir le jour. En attendant, les syndicats font sentir leur opposition à la privatisation mais aussi à la création de ce nouvel établissement qui comporterait des effectifs réduits de même que les budgets.

Si la solution finale n’a pas encore été choisie, ces questionnements montrent au moins une chose : que les gouvernements successifs s’attellent à régler les problèmes sur le court-terme et qu’ils sont incapables de prendre des décisions sur le long-terme. Et ça, les entreprises l’ont bien compris. 

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