Le Parlement Européen vote la fin de l’anonymat des crypto-monnaies !

Pour lutter contre le blanchiment d’argent, le Parlement Européen a voté des règles plus strictes qui s’appliqueront au cryptomonnaies. 

574 voix pour, seulement 13 voix contre et 60 abstentions. Le Parlement européen a approuvé ce jeudi 19 de nouvelles dispositions pour éradiquer le blanchiment d’argent. Mais ce vote s’accompagne aussi de plusieurs dispositions qui pourraient remettre en cause la nature même des cryptomonnaies. Objet de fantasmes, c’est l’anonymat (on parlera volontiers de pseudonymat) qui est dans le viseur. 

Enregistrement des plateformes d’échanges et vérifications des informations des clients

Les monnaies virtuelles servent-elles à financer des activités illicites ou terroristes ? Oui. Mais pas plus que les monnaies traditionnelles et même moins. Un rapport d’Europol publié en 2016 affirmait que « le cash continue de jouer un rôle important pour la réalisation de profit d’activité criminelle : les méthodes sont bien établies, et le moyen est aussi favorable à l’échange, intraçable et anonyme que les cryptomonnaies ». 

De la même façon, Europol estime que trois à quatre milliards de livres sterling de fonds d’origine criminelle seraient blanchis annuellement grâce aux cryptomonnaie. Soit seulement 3 à 4% des 100 milliards de livres sterling blanchis chaque années en Europe.

Et pourtant, le Parlement Européen a décidé de renforcer les règles sur les cryptomonnaies. Parmi les nouvelles règles votées ce 19 avril, les utilisateurs devront fournir leur identité  lors de l’utilisation de plate-formes d’échanges et autres services de portefeuilles. En clair, les « wallet » ne seraient plus anonymes. 

Pareil pour ces plate-formes. Elles doivent être enregistrées auprès des autorités et devront appliquer des procédures de diligence raisonnable. 

Pourtant, la plupart plateformes sont déjà régulées. Elles sont soumises aux mêmes règles KYC et anti-blanchiment d’argent que les banques traditionnelles. De même, les échanges ne sont pas anonymes mais pseudonymes. Le cheminement des transactions est (possiblement) récupérable sur des adresses chiffrées mais par des experts. 

La donne est légèrement différentes pour certaines monnaies comme le Monero ou le Zcash qui proposent des transactions en théorie intraçables. En clair, le Parlement Européen pourrait très bien faire passer des lois qui n’affecteraient que moins de 3% des transactions illicites dans le monde. Tout en remettant en cause le principe même des cryptomonnaies. 

Le comportement criminel n’a pas changé. Les criminels utilisent l’anonymat pour blanchir leurs produits illicites ou financer le terrorisme. Cette législation contribue à contrer les menaces qui pèsent sur nos citoyens et le secteur financier en permettant un meilleur accès à l’information sur les personnes derrière les entreprises et en resserrant les règles régissant les monnaies virtuelles et les cartes prépayées anonymes.

Krišjānis Kariņš, co-rapporteur

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