Le sentiment de précarité générationnelle s’accroît

La précarité générationnelle est un sentiment qui croît. Une étude de l’INSEE le montre: plus le temps passe, et plus le nombre de Français qui ressentent leur situation comme moins favorable que celle de leurs parents augmente.

En 2011, la moitié des personnes de 25 à 66 ans estiment que leur situation financière s’est améliorée par rapport à celle de leurs parents quand elles-mêmes étaient adolescentes

En 2011, en France métropolitaine, 54 % des personnes âgées de 25 à 66 ans considèrent que leur situation financière s’est améliorée par rapport à celle de leurs parents quand elles-mêmes étaient adolescentes (i. e. avaient 14 ans) : 33 % la qualifient de « meilleure » et 21 % de « bien meilleure » (figure 1). Au contraire, 25 % des personnes déclarent que leur situation financière s’est dégradée : 18 % jugent leur situation « moins bonne » et 7 % « bien moins bonne ». Enfin, 21 % estiment que leur situation financière n’a pas ou peu évolué depuis leurs 14 ans. Le sentiment d’amélioration de sa situation financière par rapport à celle que connaissaient ses parents au moment de son adolescence est cohérent avec l’évolution du niveau de vie observée sur longue période.

Entre 2005 et 2011, la part des personnes ressentant une amélioration de leur situation financière a baissé de 6 points

Le ressenti des personnes de 25 à 66 ans sur leur situation financière actuelle comparée à celle de leurs parents quand elles étaient adolescentes s’est légèrement détérioré entre 2005 et 2011. La part des personnes déclarant une amélioration s’est en effet réduite de 6 points sur cette période (de 60 % à 54 %). Parallèlement, celle des personnes ressentant une dégradation a augmenté de 5 points (de 20 % à 25 %).

Cette détérioration est sans doute pour partie imputable à la crise économique débutée en 2008. Même si, sur l’ensemble de la période 2005-2011, le niveau de vie a été orienté à la hausse, les effets de la baisse entre 2008 et 2011 sont probablement ressentis en 2011 plus durement que ceux de la hausse précédente, en particulier parce que la baisse est plus récente.

Cependant, pour chaque génération, la part de personnes ressentant une amélioration est globalement restée stable entre 2005 et 2011 (figure 2). Seules les générations nées après 1970 voient la part de personnes ressentant une amélioration de leur situation financière légèrement augmenter sur cette période, sans doute parce que le niveau de vie tend à progresser plus fortement en début de vie active. La détérioration moyenne observée sur l’ensemble des 25-66 ans entre les deux dates vient donc aussi en partie de ce que les deux vagues d’enquêtes ne portent pas exactement sur les mêmes générations : les générations les plus anciennes de 2005 ne sont plus interrogées en 2011, alors que de jeunes générations, pas encore interrogées en 2005, le sont désormais.

Or, les chances de ressentir une amélioration de sa situation financière par rapport à celle de sa famille, lors de son adolescence, sont plus élevées pour les générations anciennes. En 2011, 67 % des personnes âgées de 60 ans (appartenant à la génération née en 1951) sont dans ce cas, contre 59 % des personnes de 50 ans (nées en 1961), 51 % des 40 ans (nés en 1971) et seulement 41 % des 30 ans (nés en 1981). Les générations anciennes ont en effet connu plus d’années de forte croissance depuis leur adolescence, d’une part, parce que la période de leur adolescence est plus lointaine et, d’autre part, parce que la croissance était plus forte au début de leur vie active que pour les jeunes générations. Ce résultat ne doit pas s’interpréter comme un pur « effet génération » (tous les individus nés à la même date partagent certaines caractéristiques qui affectent leur niveau de vie). Intervient également l’avancée en âge qui peut jouer sur le ressenti de la situation financière.

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