Législatives au Cambodge : parti d’opposition interdit, vote controversé ! 1ère partie.

Les Cambodgiens ont voté dimanche pour des législatives controversées. Le Premier ministre, Hun Sen, a pris soin de dissoudre la principale force d’opposition en novembre 2017. Il s’envole vers un nouveau plébiscite ! L’homme fort du Cambodge est au pouvoir depuis 33 ans et son mouvement, le Parti du peuple cambodgien (PPC), a remporté toutes les élections depuis 1998.

Devenu Premier ministre en 1985, à seulement 32 ans, cet ex-Khmer rouge, qui a toujours minimisé son rôle au sein de ce régime, a tissé une toile au maillage serré pour assurer sa longévité politique au Cambodge. Il a placé ses trois fils, qui occupent des postes-clés au sein de l’armée et du parti au pouvoir…

L’Histoire récente du Cambodge…

Hun Sen démarre des activités politiques dès 1965. Il devra interrompre sa scolarité en 1968 pour fuir la capitale et la répression qui s’abat sur les militants communistes. Il trouve alors refuge et travail, dans une plantation d’hévéas . Il s’y livrera à des activités syndicales et devra même un temps fuir la police.

En mars 1970, il répond à l’appel du roi Norodom Sihanouk, destitué de ses fonctions de chef de l’État, et entre dans la guérilla qui lutte contre le régime de la République Khmère.

En 1972 il rejoint les commandos parachutistes et prend, en 1974, le commandement du 55e bataillon de la zone est. Toujours en première ligne, il sera blessé cinq fois et perdra l’œil gauche le 16 avril 1975, dans l’assaut final des Khmers rouges et restera hospitalisé jusqu’en octobre.

Un rôle trouble

A moins de 25 ans, il est élevé à la tête d’un régiment basé dans la zone Est du Kampuchéa démocratique et exerce un rôle trouble, devenant un officier Khmer rouge. Toutefois, il n’existe aucune preuve le mettant en cause dans les massacres commis au sein de la population par le régime khmer rouge.

En 1977, les incidents à la frontière vietnamienne se multiplient. Les unités khmères ont bien du mal à les contenir. Le haut commandement de Phnom Penh met la faible réactivité des troupes sur le compte du manque de loyauté de l’encadrement et ordonne une épuration massive visant à éliminer tous les éléments suspectés d’être à la solde de Hanoï. Pour échapper à ces purges, Hun Sen décide de fuir.

Il se réfugie dans la forêt avant de pouvoir gagner le Viêt Nam en décembre 1977. Emprisonné plusieurs mois, puis libéré, il participe à la formation d’une organisation politique destinée à renverser les Khmers rouges : Le Front Uni National pour le Salut du Kampuchéa (FUNSK).

Les Vietnamiens au secours du Cambodge

En décembre 1978, une armée vietnamienne de 110 000 hommes passe la frontière et occupe rapidement la presque totalité du territoire cambodgien. Profitant de la chute des Khmers rouges, il revient à Phnom Penh où il devient ministre des Affaires étrangères.

À la suite des élections de mai 1981, il est élu député et confirmé aux Affaires étrangères. Il devient vice-président du Conseil.

Le 14 janvier 1985, il accède à 35 ans, au poste de Premier ministre de la République populaire du Kampuchéa. Il mènera, avec Norodom Sihanouk, les négociations des accords de paix de Paris d’octobre 1991.

Alors que le retour de la monarchie devient inéluctable, Hun Sen tente de profiter de sa progression politique rapide pour se présenter. S’il perd les élections de 1993, et en conteste pendant un temps le résultat, il parvient néanmoins à se faire nommer second Premier ministre.

Exécutions programmées

Alors que des dissensions au sein de la coalition gouvernementale se font jour, le 5 juillet 1997, à l’issue d’un coup de force sanglant, il évince le premier Premier ministre en place. Plusieurs dizaines de fonctionnaires du FUNCINPEC (Front uni national pour un Cambodge indépendant, neutre, pacifique et coopératif) sont exécutés.

La victoire en 1998 du PPC dont il est le vice-président lui assure de redevenir le seul Premier ministre du pays.

Candidat à sa propre succession aux élections législatives du 27 juillet 2008, le parti de Hun Sen a remporté sans surprise près de 75 % des sièges. Quatre formations d’opposition ont toutefois reproché au PPC, d’avoir truqué  les élections en sa faveur. Des Organisations non gouvernementales internationales telles Amnesty International, attribuent quant à elle, cette victoire à une opposition affaiblie par les rivalités politiques internes et externes, ainsi que par un climat d’intimidation des électeurs, de la presse et des militants.

33 années de pouvoir absolu sur le Cambodge !

Aujourd’hui, plus de huit millions d’électeurs sont inscrits sur les listes électorales. 80.000 policiers ont été mobilisés pour ce scrutin, et se disent prêts à « empêcher tout acte de terrorisme et de chaos ».

Le climat s’est considérablement tendu dans le pays avec la dissolution fin 2017 du Parti du sauvetage national du Cambodge (CNRP), principale force d’opposition, et l’emprisonnement de son chef. Hun sen n’a pas hésité à faire allusion au CNRP accusé de comploter contre le régime avec le soutien des Etats-Unis.

Le PPC continuera à être victorieux. Nous avons pris des mesures légales pour éliminer les traîtres qui tentaient de renverser le gouvernement.

Hun Sen

A suivre…

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