Les législatives, cet obscur objet du désir

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Après l’élection présidentielle, les législatives surviennent aussi inexorablement que le beau temps après la pluie. Pour les goumiers de la République, tous ces porte-flingues qui font les partis politiques et colonisent les mandats électifs, l’enjeu est essentiel et donne sens à la présidentielle elle-même. Qui t’a fait roi? qui t’a fait comte? La rengaine est connue, et les soutiens aux candidats se monnaient déjà à coup d’investitures.

Du sang sur les murs chez les Républicains

La question des législatives commence à faire grand bruit chez les Républicains. Nathalie Kosciusko-Morizet aurait profité de son voyage à Las Vegas avec François Fillon pour obtenir son parachutage dans la circonscription occupée par le vainqueur de la primaire, mais convoitée par Rachida Dati. Du coup, Rachida enrage et a décidé de tirer dans les pattes du candidat LR.

« Il est urgent que François Fillon corrige le cap de sa campagne sinon on va droit dans le mur. »

On s’amusera d’entendre la maire du très chic VIIè arrondissement de Paris préconiser un retour aux pauvres. En tout cas, elle ne peut être soupçonnée de lancer un plaidoyer pro domo, puisque son arrondissement est probablement le territoire le plus riche de France.

Les Républicains anticipent-ils un retour en grâce du PS?

La raison pour laquelle François Fillon a parachuté NKM sur les terres de Rachida pose quand même question. Malgré la curée à laquelle la gauche se prépare, NKM renonce à combattre le frondeur parisien Pascal Cherki dans sa circonscription. Voilà un indice intéressant. Certes, Paris vote plus à gauche que le reste de la France, surtout depuis le départ de Jacques Chirac. Il n’en reste pas moins que cette retraite en bon ordre face à l’ennemi en dit long sur la prudence de NKM et de Fillon pour les prochains mois.

Au passage, NKM deviendra indétrônable à Paris, ce dont les Républicains pourraient se mordre longtemps les doigts.

Macron entame un virage en épingle à cheveux

Fillon n’est pas le seul à pressentir que la primaire de la gauche pourrait constituer un réveil salutaire pour les électeurs socialistes. Macron a lui aussi senti le danger.

Le PS (enfin… la Belle Alliance Populaire) occupe désormais le débat public et Macron, comme il fallait s’y attendre, doit mener une course de fond pour récupérer un peu d’audience. Il a donc programmé une conférence de presse le matin du troisième débat, passée relativement inaperçue. Voilà qui augure mal de la suite. Du coup, le voilà obligé de jouer un va-tout: la menace (très illusoire, et bientôt pathétique) de fermer les vannes de ses investitures aux législatives.

La manoeuvre a-t-elle une chance d’aboutir? On voit mal quel élu socialiste lâcherait la proie pour l’ombre avant que le candidat ne soit investi à l’issue du deuxième tour de la primaire. Pour Macron, une passivité des notables socialistes vis-à-vis de sa menace pourrait bien constituer le chant du cygne.

Les législatives, cet obscur objet du désir. Et après, on dira que le Parlement ne représente plus rien…

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1 commentaire sur Les législatives, cet obscur objet du désir

  1. Après la foultitude de diagnostiques, du plus farfelu, au plus pointu (parfois exacts de surcroît)
    Ordonnance :
    – division par 6 du nombre de députés et sénateurs (et autres élus)
    – contrôler* strictement les députés et sénateurs (puis tous les autres élus)
    *

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