Les accidents de travail dans les abattoirs sont quatre fois supérieurs à la moyenne

En France, on recense plus de 900 abattoirs pour 50 000 ouvriers. Et la filière viande est l'une des plus touchées par les accidents du travail, dus à des conditions de travail dangereuses.

Chaque jour, ce sont 3 millions d'animaux qui passent entre les mains des 50 000 ouvriers d'abattoirs français. Une enquête publiée par une journaliste révèle les conditions de travail difficiles des employés, dans un métier où les accidents de travail représentent quatre fois la moyenne.

7 500 accidents de travail en 2008

La filière viande fait partie des plus touchées par les accidents de travail. L'INRS (institut national de recherche et de sécurité), qui est une référence dans les domaines de la santé au travail et de la prévention des risques professionnels, chiffre 150 accidents de travail avec arrêt pour 1 000 salariés en 2008, soit         7 500 accidents de travail pour l'ensemble des salariés du secteur. A titre de comparaison, la moyenne pour les autres secteurs se situe à 38 accidents, soit quatre fois moins que dans les abattoirs. Cela s'explique par les risques liés à l'abattage et la découpe des animaux, qui peuvent provoquer des écrasements, des coupures, ou encore des glissades.

Un manque d'effectif et un rythme de travail très soutenu 

La sous-effectif dans la filière des abattoirs est fréquent. Et les conséquences sur les rythmes de travail sont directes. Le délégué FO à l'abattoir Pascal Le Cadre, témoigne des conditions de travail difficiles, décrivant un marathon quotidien pour les employés. Pour exemple, un ouvrier voit défiler environ 800 cochons à l'heures à mois de 3 secondes d'intervalle. Mais d'après l'INRS, 10 secondes de pause sont nécessaires pour éviter les troubles musculaires liés à des gestes répétitifs. 

Nos dirigeants ne sont pas formés à la prévention, ils ont dû embaucher des animateurs sécurité qu’on ne voit pas et qui ont un fil à la patte. Ils ont aussi investi avec le CICE (crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi) et installé des robots, mais sans étude de postes.

(Pascal Le Cadre, délégué FO à l'abattoir)

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