Les agents de sécurité de l’AS Saint-Etienne travaillaient au noir : 1 million d’euros de préjudice

De septembre 2013 à mai 2015, l’Urssaf n’a pas reçu les cotisations de 263 agents de sécurité qui travaillaient aux abords du stade de l’AS Saint-Etienne. Le préjudice estimé est d’un million d’euros.

Depuis la fin de la saison du championnat de Ligue 1, l’actualité des clubs de football français est à peine rythmée par les performances des joueurs de l’équipe de France, par la reprise de l’entraînement et par le mercato. Mais aujourd’hui, l’AS Saint-Etienne est au milieu de la lumière.

La société qui envoyait des agents de sécurité aux abords du stade est accusée d’avoir largement escroqué l’Urssaf en ayant rémunéré « au noir » ces fameux agents.

Un préjudice d’un million d’euros pour un homme de paille ?

Nos confrères du Progrès rapportent que la malversation portait sur une période allant de septembre 2013 à 2015. Mais alors que les agents étaient bien présents pour effectuer fouilles et autres palpations, l’Urssaf ne percevait pas la totalité des cotisations qui lui étaient dues. Au total, ce sont 263 agents qui auraient travaillé sans être déclarés pour un préjudice d’un million d’euros.

La situation est aujourd’hui compliquée à comprendre puisque deux entreprises sont en conflits. Appelé à la barre, Hassan Jaraam, un marocain de 40 ans, explique que sa société Best Sécurité, qui envoyait les agents de sécurité, était le sous-traitant d’une seconde entreprise, JM Sécurité.

J’ai tout perdu : mon travail, ma femme. Je vais dire la vérité. C’est le patron de JM Sécurité qui m’a dit de monter ma boîte. Je travaillais avec lui, mais c’est lui qui décidait de tout. 

Hasaan Jaraam

Aujourd’hui, une plainte est aussi déposée à l’encontre de JM Sécurité. Pour autant, le parquet n’a pas souhaité laisser s’en tirer M. Jaraam. Quand le président lui demande des comptes sur les salaires minorés, Hasan Jaraam répond que « c’était le comptable« . Et lorsque les magistrats lui demandent d’assumer ses torts, le prévenu craque.

J’ai baissé les bras. Je suis con. Je viens du bled. Je ne comprends pas pourquoi il n’est pas là, JM Sécurité…

Hasaan Jaraam

Pour la défense, le tribunal juge un homme de paille.

Vous allez juger quelqu’un qui est un homme de paille. Qui peut croire qu’il a été en mesure de fournir 263 salariés dans un système massif de fraude ? Le stade Geoffroy-Guichard était aux mains de JM Sécurité. Hassan Jaraam est le pauvre type qui sort de nulle part et qu’on utilise.

Me Youcef Idchar 

Hasaan Jarram est condamné à un an de prison avec sursis et à une interdiction de gérer une société pendant dix ans. 

L’ASSE était-il au courant ?

Aujourd’hui, des doutes sont émis quant à la complicité ou la complaisance du club français au dix titres de champions de France. Pour notre informateur, « il est fort possible que l’ASSE savait qui était embauché et déclaré ou non. »

Aujourd’hui, un contrat légal n’autorise qu’à 20% de sous-traitance annuelle. Mais JM Sécurité fournit, en un temps record, plusieurs centaines d’agents. A un moment, pour tenir les objectifs, tu engages qui tu trouves. Et tout le monde n’avait pas sa carte professionnelle.

Pour rappel, de 2013 à 2015, la France était à l’aube d’accueillir l’Euro de football. Plusieurs stades avaient ainsi été rénovés pour accueillir les matchs internationaux. Par ailleurs, les clubs sélectionnés devaient aussi montrer être capables d’assurer « une prestation cinq étoiles ». D’où la possible volonté de mettre l’accent sur la sécurité et d’outrepasser certaines règles.

Plus surprenant, notre source affirme que la société JM Sécurité n’en était pas à son coup d’essai. « Il s’agit de celle qui officiait aussi au Stade de France. Et il y avait déjà eu des problèmes à l’époque. Aujourd’hui, son PDG [Ludovic Foret] serait en prise avec la justice. »

Nous avons posé plusieurs questions à l’AS Saint-Etienne. Nous sommes toujours en attente de leurs réponses. 

Un match de Ligue 1 à Geoffroy-Guichard coûtait 100 000€ rien que pour la sécurité. D’après les calculs de FranceBleu, l’ASSE qui jouait aussi les Coupes d’Europe aurait déboursé près de 3 millions d’euros en 2018 en sécurité. Le tout, sans compter les amendes infligées par la LFP pour des débordements. 

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