Les bureaux de tabac vendront des Bitcoin à compter du 1er janvier 2019

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La Banque de France a trouvé un accord avec la Fédération des buralistes pour permettre à plus de 3 000 enseignes, dans un premier temps, de vendre des Bitcoins à compter du 1er janvier 2019. Une initiative qui se révèle beaucoup plus politique qu’il n’y paraît. 

« Un paquet de cigarettes et un Bitcoin s’il vous plait. » L’association paraissait encore incongrue il y a quelques mois. Mais plus pour très longtemps. D’après une information d’Europe 1, la Banque de France et la fédération des buralistes ont trouvé un accord qui permettra à près de 4 000 enseignes de vendre des portions de la plus célèbre des cryptomonnaies.

« Pas le choix »

A compter du 1er janvier 2019, 3 000 à 4 000 bureaux de tabacs en France seront équipés d’un logiciel qui permettra d’acheter des coupons de Bitcoins, des portions de Bitcoin, d’une valeur de 50, 100 ou 250 euros. Rappelons que malgré ses fluctuations, un seul jeton de la plus célèbre des cryptomonnaies vaut encore plusieurs milliers d’euros.

Les autres bureaux de tabacs en France seront ensuite eux-aussi équipés et ils recevront tous les technologies pour permettre la vente de cryptomonnaie. 

Cet accord trouvé entre la Banque de France et la fédération des buralistes est assez surprenant tant la première instance se montrait hostile envers les cryptomonnaies, ne cessant de mettre l’accent sur les dérives que peut occasionner l’avènement des cryptomonnaies. Pour autant, la Banque de France semble s’être résignée à suivre le mouvement. Et pour cause, plusieurs facteurs peuvent expliquer ce revirement.

D’abord, de revirement relève de la politique. Alors que le prix d’un paquet de cigarettes doit progressivement atteindre les 10€ d’ici quelques années, les buralistes craignent, à raison, une importante baisse de leur chiffre d’affaires. Il fallait dont trouver une astuce pour diversifier leur offre et compenser ces pertes plus que probables.

Mais ce revirement relève aussi de changements sociétaux. La Banque de France estime qu’elle n’a tout simplement pas le choix, elle doit accompagner le développement des cryptomonnaies. La demande existe, elle est forte, alors la Banque de France surfe sur la vague. Et si en plus le gouvernement peut toucher sa TVA au passage, on comprend un peu mieux l’intérêt de l’initiative.

Quel sera la position de la France face à la BCE et face au FMI ?

Le nouveau Monde commence à pointer le bout de son nez. L’argent physique tend à disparaître au profit du numérique, qu’il provienne de paiement en carte bancaire ou avec les cryptomonnaies. Seulement, la majeure partie des Etats du monde semble être en retard face à cette problématique.

Et cette initiative française, si elle est une bonne nouvelle pour les investisseurs de l’hexagone, pose une question : quelle sera la position de la France face à la BCE et au FMI ? 

Récemment, Christine Lagarde, la patronne du FMI, avait déclaré que les banques centrales du monde entier avaient tout intérêt à se pencher sur la créations de cryptomonnaies nationales et officielles car nous nous trouvons à « un tournant de l’histoire. » 

Une position presque immédiatement critiquée par Benoit Coeuré, membre du directoire de la Banque Centrale Européenne. S’il confessait que le « Bitcoin est une idée intelligente », il estimait aussi que « toutes les idées intelligentes n’étaient pas bonnes » tout en rappelant les dérives que peut entraîner la propagation des cryptomonnaies. On parle régulièrement de financement du terrorisme, blanchiment d’argent et aussi de manipulation des cours des monnaies virtuelles.

Pourtant, plusieurs rapports européens démontraient que les monnaies fiat, en particulier le dollar, étaient encore très largement utilisés pour le financement des activités frauduleuses et illicites.

En somme, cette position prise par la France tend à la rapprocher de l’analyse du FMI. Faut-il y voir un signe de l’éloignement de la France avec l’Europe ?

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