Les entreprises spécialisées dans le cannabis : la hype qui enfume Wall Street

La question sur la légalisation n’a toujours pas été tranchée en France. En parallèle à Wall Street, les entreprises spécialisées dans l’industrie du cannabis connaissent une croissance exceptionnelle. Et quand même un géant comme Coca-Cola affirme réfléchir à la commercialisation d’une boisson contentant du cannabis (sans molécule psychoactive), il se peut que le phénomène ne fasse plus autant peur qu’avant. 

La France récemment fait la connaissance de nouveaux mots : « coffee-shop », « cannabidiol » ou encore « tétrahydrocannabinol ». Durant l’été, l’actualité montrait qu’un juriste avait trouvé une faille dans la législation en vigueur, qui permettait la création de structures pouvant vendre du cannabis. De même, plusieurs « coffee-shops » ont vu le jour dans l’hexagone. S’ils vendaient bel et bien du cannabis, la teneur en tétrahydrocannabinol (THC) soit la molécule active contenue dans le cannabis était si faible que la législation ne pouvait en interdire le commerce et l’utilisation. 

A l’heure actuelle, le flou juridique n’a toujours été levé et si des perquisitions ont régulièrement lieu dans ces établissements, peu de fermetures définitives sont prononcés. Preuve que le cannabis fait vendre et se détache peu à peu de sa sulfureuse image, c’est maintenant Wall Street qui mise sur la « ganja ».

Cannabis is the new black

Une hausse de 47,12% ! Presque historique. En tous cas, pour l’entreprise Tilray, cette hausse à tout de la belle histoire puisque ses actions qui étaient valorisées à « seulement » 17 dollars mi-juillet lors de son introduction en bourse, atteint maintenant les 228 dollars. La société canadienne spécialisée dans la production et la vente de cannabis thérapeutique vaut désormais 20 milliards de dollars. 

De son côté, le géant Coca-Cola a affirmé étudier la commercialisation d’une nouvelle boisson contenant…du cannabis. Le producteur de canettes rouges s’est d’ailleurs fortement rapproché du groupe canadien Aurora Cannabis. Le porte-parole expliquait surveiller de près « la croissance du cannabidiol (CBD) non psychoactif comme ingrédient dans les boissons de bien-être fonctionnelles à travers le monde. Toutefois aucune décision n’a été prise pour le moment. » De quoi affoler encore un peu plus les investisseurs.

L’intérêt des entreprises, des marchés financiers et des investisseurs, en plus des possibles consommateurs, est bien réel. Mais plusieurs difficultés pointent le bout de leur nez. D’abord, les législations étatiques rendent la vie dure aux producteurs et commerçants. Si Wall Street s’intéresse de près au phénomène, il n’en reste pas moins que seulement huit états légalisent la marijuana à usage récréatif aux Etats-Unis. 

En 2017, l’Afrique du Sud et l’Uruguay avaient déjà franchi le pas de la légalisation de l’usage récréatif. En Inde, la légalisation est à la discrétion des états. En Espagne, la Catalogne l’autorise sous certaines conditions. Plus généralement, c’est l’usage thérapeutique qui est accepté. 

Deuxième difficulté : les marchés financiers restent encore méfiants vis-à-vis d’une industrie qui est encore toute jeune. Les experts de Briefing déclarent à Capital que « le marché se concentre sur le potentiel à long terme de l’industrie encore naissante du cannabis. Mais l’explosion de l’action ne semble pas viable, la tendance peut se renverser très rapidement.« 

Les entreprises se mettent à la page et cherchent des « gouteurs » 

Malgré les avertissements de Wall Street, l’industrie continue de se développer et de plus en plus d’entreprises spécialisées voient le jour. Et certaines proposent des emplois qui permettraient de concilier plaisir et travail. 

Au Canada où la légalisation totale devrait rapidement voir le jour (on parle d’une adoption à venir entre fin septembre et début octobre), l’entreprise Ahlot, basée au Canada, recherche cinq testeurs de « salade du Diable ». D’après l’entreprise, les candidats auront l’occasion de tester « les meilleurs échantillons tout en étant payé pour« . 

L’emploi consiste par ailleurs à traverser le pays à la rencontre de cultivateurs, de tester leurs produits avant de rédiger des comparatifs détaillés et précis de chaque culture. En plus, les testeurs devront partager leurs expériences sur les réseaux sociaux, être présents sur plusieurs vidéos publiées par l’entreprise et être personnellement présents sur certains évènements. 

L’entreprise précise aussi que le travail ne peut excéder 16h par mois et qu’il faut se rendre disponible entre 1 et 4h par semaine. Et comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, les testeurs seront payés pour cette expérience : 50$ par heure. Ils recevront aussi une prime de 200$ par mois. En somme, c’est un salaire de 1000$ par mois qui est offert pour fumer du cannabis. 

Ceux qui seraient intéressés doivent postuler en ligne sur le site de l’entreprise. L’entreprise promet d’étudier toutes les candidatures des personnes âgées de plus de 19 ans. Restent à savoir ce qu’il faut inscrire sur son CV dans la case expérience.

En tous cas, le cannabis apparaît comme étant une industrie en pleine expansion et qui tente de se détacher de son image sulfureuse. Au point de faire gagner des points à ceux qui prônent la légalisation ?

Finalement, Snoop Dogg avait tout vu avant tout le monde. « Smoke weed everyday ».

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