Les étudiants dentistes dénoncent les « promotions Nutella » et les incohérences politiques

Aucun français n’a pu ignorer les scènes d’émeutes dans les enseignes Intermarché où des hordes de clients se battaient pour des pots de pâte à tartiner en promotion. Mais au-delà de ce coup marketing parfaitement bien organisé, ces événements viennent aussi questionner le bien-fondé des discours politiques en matière de santé. 

Les scènes sont tout juste incroyables : des centaines de personnes qui guettent l’ouverture du rideau métallique avant de se ruer sur les étals où sont posés les précieux pots. S’en suivent alors des insultes, des coups portés à l’aveugle, parfois sur des personnes âgées ou mêmes les employés qui réachalandent les rayons. Le tout pour pouvoir repartir avec ses trois précieux pots.

Les étudiants dentistes dénoncent le « Fais ce que je dis, pas ce que je fais » politique

« L’affaire Nutella, symbole même de l’incohérence de la prévention en France. » C’est avec ces mots que le communiqué de l’Union nationale des étudiants en chirurgie dentaire (Unecd) débute. Une lettre envoyée à la Direction générale de la Santé et la Direction du groupe Intermarché.

Les étudiants y dénoncent l’incohérence du discours politique qui prône une répression toujours plus forte sur les produits qu’il juge nocifs tout en autorisant et incitant à la consommation de ces mêmes produits.

Comment pouvons-nous, futurs dentistes et futurs soignants, espérer que notre message de prévention ait un quelconque impact après une campagne pareille ? De quoi aurait l’air la campagne de prévention anti-tabac si demain les buralistes pouvaient faire une réduction de 70% sur un coup de tête ? Quel est l’intérêt de demander aux étudiants en santé de s’investir dans le service sanitaire si l’Etat lui-même ne considère pas réellement la question de la prévention dans sa globalité ?

Le cadet des soucis des politiques 

La Direction générale de la consommation et de la répression des fraudes a lancé une enquête sur ces promotions qui ont tourné à l’émeute partout en France afin d’établir leur légalité ou non.

De son côté, la classe politique, étonnement silencieuse sur le sujet, commence à peine à répondre. Ce matin, Bruno Le Maire s’est exprimé au micro de RTL. 

Où qu’on soit, quand vous faites des promotions à 50 ou 70%, les consommateurs se ruent. C’est vrai pour Nutella et Pampers, on voit aussi ces scènes dans les magasins de luxe quand il y a des promotions à 50 ou 70%.

Nutella et Gucci, même combat pour Bruno Le Maire qui ne compte pas non plus se hâter pour régler ce problème de super-promotion. S’il a affirmé avoir rencontrer le directeur de la chaîne de supermarchés en lui indiquant « que ça ne pouvait pas se renouveler et qu’on ne pouvait pas avoir des scènes comme cela tous les quatre matins. Il y a un accord qui a été signé pour ne plus faire ce genre de distribution. (…) Je leur ai dit que ça devait cesser, ils m’ont promis de mettre bon ordre à tout cela », aucune loi ou prise en compte de la parole des professionnels de la chirurgie dentaire ne sont à l’ordre du jour.

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