Les médecins satisfaits de leur travail, beaucoup moins des conditions d’exercice

Avec les questionnements sur les déserts médicaux, la profession est régulièrement sous le feu des projecteurs. Une étude de l’institut Odoxa montre que les médecins sont satisfaits de leur travail mais beaucoup moins des conditions dans lesquelles ils exercent, sans que cela n’aille en s’arrangeant. 

« Un cachet de Motivex matin, midi et soir à accompagner d’un demi Moraline ». Si cette prescription est assez répandue dans les rangs de l’armée, on se demande s’il ne faudrait pas la généraliser aux généralistes.

D’après le dernier baromètre santé Odoxa, on s’aperçoit que les médecins en France seraient de plus en plus touchés par la sinistrose. S’ils sont assez unanimement heureux de faire ce métier, on aperçoit une certaine fatalité lorsqu’on évoque leur avenir ou la perception de leur profession. 

Une profession névrosée ?

Avec les graphiques ci-dessus, on observe que globalement, les français sont plutôt heureux de leur travail. 85% ont le sentiment d’avoir un travail utile, 82% que ce travail est intéressant et 75% que leurs compétences sont correctement employées. Les statistiques chutent un peu en suite quand on leur demande s’ils ont l’impression d’être reconnus à leur juste valeur (52%). Par contre, la donne change quand on évoque leurs perspectives d’évolution. Ils ne sont alors plus que 45% à les trouver motivantes.

A l’inverse, on observe chez les médecins une tendance assez forte à broyer du noir. Car s’ils sont 96% à trouver leur travail intéressant et 94% à faire un travail utile, ils ne sont en revanche que 40% à avoir le sentiment de faire un travail reconnu à sa juste valeur. Pire lorsque l’on évoque des perspectives d’évolution motivantes, les statistiques tombent à 38% !

Le manque de temps, le grand mal des médecins

On constate donc que les médecins se plaignent en particulier de leurs conditions de travail. 60% estiment ne pas pouvoir bénéficier de moment de pause dans la journée ; ils sont 72% à trouver ne pas avoir suffisamment de temps pour accomplir leur travail. 

Et n’allez pas leur parler de robotisation de la médecine ou encore d’informatisation car ils ne sont plus que 37% à penser que la gestion administrative simplifiée par les outils digitaux laisse du temps de consultation supplémentaire. 

Que reste-t-il ?

Aujourd’hui, nous arrivons donc au constat que les médecins aiment leur travail mais que les conditions de travail se dégradent du fait d’une pression administrative qui augmente. Et là, aucune différence entre médecine classique et libérale n’est possible car les deux corps ont été interrogés de la même façon.

A défaut de leur prescrire les deux cachets magiques de l’armée, une réelle réflexion sur la profession devrait s’engager avec par exemple, une prise en charge du pan administratif de la profession qui prend une ampleur toujours plus importante. 

L’intégralité de l’étude est à retrouver ici

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