Les urgentistes de France dévoilent une carte des hôpitaux où la situation est intenable

L’Association des médecins urgentistes de France (AMUF) a publié, le 19 juillet, une carte interactive des services d’urgences en France qui sont saturés et où les professionnels de santé subissent les plus forts risques psychosociaux. 

La période estivale est unanimement reconnue par les professionnels de santé comme une période difficile à gérer du fait de la multiplication des petits et des gros bobos. Et les urgences continuent de recevoir de plus en plus de patients alors qu’elles sont déjà saturées. A charge des médecins restant d’assurer le service malgré une forte pression.

Dans ce cadre, l’Association des médecins urgentistes de France (Amuf) publiait, le 19 juillet dernier, une carte des structures médicales où les praticiens subissent les plus lourdes charges psychosociales. D’après l’organisation, ce serait près d’un tiers des services français qui auraient répondu à l’appel.

216 centres hospitaliers recensés, seulement 24 ont des risques faibles

L’Amuf affirme avoir reçu, au 19 juillet, 432 réponses ce qui a permis de recenser 216 centres hospitaliers. En rouge, on retrouve donc les centres hospitaliers qui présentent des personnels médicaux en proie à de forts risques psychosociaux, c’est à dire qui présenterait trois items ou plus parmi des cas de burn-out, de manque d’effectif, de difficultés de planning et de rapport départ/arrivée défavorable.

On observe sur la carte que la France possède un grand nombre de centres hospitaliers catégorisés « rouge ». En somme, il y en aurait plus de 150 sur les 216 recensés. A l’inverse, il n’y aurait que 24 centres hospitaliers « en vert », c’est à dire qui présente un item ou moins.

Parmi les griefs exposés par la profession, on retrouve en premier la difficulté à atteindre l’effectif cible. Ainsi, seulement 15,7% des centres hospitaliers auditionnés assurent avoir atteint ces objectifs. Par ailleurs, ils sont 58,2% à avoir constaté plus de départs que d’arrivées dans les effectifs.

Deuxième cause d’épuisement dans les équipes médicales, les difficultés à remplir les plannings. En somme, 83,8% des répondants affirment ne pas pouvoir remplir simplement leur planning. Plusieurs causes peuvent être invoquées : le manque d’effectif, le manque de matériel mais aussi plus simplement, une défaillance dans la gestion et le pilotage de la structure.

Enfin, 68,1% des interrogés affirment avoir connu au moins un cas de burn-out au sein de leur équipe. Signe que les équipes sont de plus en plus sous pression.

Face à ces résultats, l’Amuf sors les armes et accuse la ministre de la santé, Agnès Buzyn, de cacher la vérité et de ne pas avoir anticipé la saturation de ces services d’urgences alors qu’ils montraient des signes de faiblesse. Pour l’association, il est urgent de proposer « une refonte du statut de PH, une réforme de fond des spécialités, une territorialisation de la gestion des ressources humaines, afin que les CHU ne soient plus hégémoniques et ne concentrent pas les moyens dans les seules métropoles. »

L’Amuf a aussi demandé un rendez-vous avec Agnès Buzyn afin de résoudre ce « problème sociale capital. » Reste à savoir si la demande recevra une réponse positive. Mais une chose est sûre, avec la publication récente de la carte de France des régions où il est déconseillé aux médecins de s’installer, la ministre de la Santé se heurte à une forte opposition de la profession.

Et son silence, dans ce contexte, n’est pas le bienvenu. 

1 commentaire sur Les urgentistes de France dévoilent une carte des hôpitaux où la situation est intenable

  1. Pour avoir passé une nuit aux urgances du CHI de Poissy, je confirme que les conditions de travail et de soins sont intolérables en dépit du dévouement des équipes. Du point de vue sanitaire les locaux sont inadaptés, les toilettes de la zone d’attente impraticables. En zone de soins les patients sont entassés dans les couloirs après examen ou soins d’urgence, c’est aussi dans le couloir que des examens ont lieu faute de salles disponibles… Je ne suis pas surpris de voir l’établissement en rouge, ni d’apprendre que les risques psycho-sociaux y sont au maximum. Une telle situation est proprement inacceptable!

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