L’État vend 111 millions d’actions d’Engie à un tarif historiquement bas

L'État vient de vendre 111 millions d'actions Engie pour financer l'innovation. Cette politique de cession d'actifs (mot pudique pour désigner des privatisation) fait partie des grandes ambitions de Bruno Le Maire. Dans la pratique, cette opération est un désastre économique. 

L'État vient de céder 4,5% du capital d'Engie qu'il avait en sa possession. La cession s'est faite à un tarif d'environ 15 € quand le cours flirtait encore avec les 20 € courant 2015. L'action Engie valait 30€ en 2011. La rationalité économique de l'opération paraît donc extrêmement douteuse...

L'État a gagné 1,5 milliard€ dans cette session

Au total, l'État a gagné 1,53 milliard€ dans cette opération, ce qui paraît modeste. Surtout, l'opération ressemble à une bombe à retardement. Juridiquement, l'État doit en effet détenir un tiers des droits de vote de l'entreprise. Avec cette cession, ces droits avoisinent désormais 27%, un chiffre sous le seuil prévu par la loi.

Sauf à modifier celle-ci, tout porte donc à croire que l'État devra tôt ou tard procéder à des rachats d'actif.

Bruno Le Maire fait-il de l'affichage ou défend-il l'intérêt général?

Bruno Le Maire avait annoncé, au début de l'été, une vente massive d'actifs à hauteur de 10 milliards € pour financer l'innovation. Manifestement, le brillant ministre de l'Économie est plus doué pour l'affichage politique que pour la négociation commerciale. Voilà un vendeur qui a d'ores et déjà dévoilé ses batteries et qui vend au pire moment. 

Résultat des courses: il faudra vérifier, dans la durée, le coût final de cette opération pour le contribuable. À ce stade, la moins-value est forte...

Un triomphalisme mal venu

Malgré ces éléments criants, Bruno Le Maire a claironné sa victoire dans un communiqué de presse qui restera dans les annales:

Bruno Le Maire déclare que « cette cession de titres s’est déroulée dans de très bonnes conditions pour les intérêts patrimoniaux de l’Etat. Elle constitue la première étape du plan de cessions d’actifs pour un montant de 10 milliards d’euros que j’ai annoncé au mois de juillet."

On se demande ce qu'aurait été une vente lésant les intérêts patrimoniaux de l'État. 

Répétition d'une opération désastreuse déjà menée en janvier

En janvier 2017, l'État avait déjà cédé 4% du capital de l'opérateur à un tarif historiquement bas. Bis repetita placent. 

1 commentaire sur L’État vend 111 millions d’actions d’Engie à un tarif historiquement bas

  1. De toutes façons Bruno Lemaire est la personnification emblématique de ce qu’est être membre du faisceau de “bras cassés” dont s’est entouré Macron: rappelons simplement son slogan cucul la pralin aux primaires de la droite “c’est Bruno qu’il nous faut” et le mirifique score avoisinant les 1% que lui avait donner les citoyens de son camp qui le connaissaient. Mais chut sinon on va se faire “conchier” par Jupiter.

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