Lettre ouverte à Gérard Collomb sur l’efficacité des forces de police à Paris

Le fait mérite d’être signalé, tant il était attendu: la police à Paris commence à se rendre disponible aux citoyens et intervient à la fois vite et bien pour des incivilités qui restaient impunies sous François Hollande. On approuve largement, et on dit merci Gérard au ministre de l’Intérieur, qui semble remettre l’autre mammouth (la police parisienne) en état de marche.

Monsieur le Ministre de l’Intérieur Gérard Collomb,

 

À l’heure de la sortie des classes, en plein Paris (dans le 19è arrondissement, il est vrai, quartier des Kouachi auteurs des attentats contre Charlie Hebdo), et devant des écoles maternelles, des racailles s’amusent à faire des rodéos en moto cross dans les rues. Je les filme. L’un d’eux m’assène une gifle dans la nuque au passage, je n’ai pas le temps de le voir venir (il s’agit du conducteur du scooter visible sur le film ci-dessus). 

J’appelle la police un peu désabusé. Sous François Hollande, la réaction de la police parisienne était toujours la même: au bout de deux ou trois interlocuteurs, un agent éteint expliquait qu’il ne pouvait rien faire tant qu’on n’avait pas besoin de l’intervention des pompiers et que notre cervelle ne s’écoulait dans le caniveau, sauf à avoir été traité de « sale PD », « sale Juif » ou « sale Arabe », auquel cas la police intervenait avec des hélicoptères s’il le fallait. 

Je suis entier, lucide, conscient, je ne saigne pas, et je me dis que votre police, Monsieur le Ministre, va comme si souvent me laisser tomber. 

Mais là, miracle! un agent à l’écoute m’annonce qu’il envoie tout de suite des collègues. Je suis sceptique et je m’attends à voir une voiture débarquer trente minutes plus tard avec un policier prêt à m’engueuler de l’avoir dérangé. Le grand classique des années Hollande qui, avec sa copine Anne Hidalgo, ont savamment organisé la précarité des quartiers habités par les sans-dents. 

Mais là, nouveau miracle, au bout de dix minutes, je reçois un appel courtois pour m’indiquer qu’un jeune vient d’être interpellé. Un agent respectueux (je me suis demandé s’il ne s’agissait pas d’une caméra cachée) me demande si je peux m’approcher des lieux pour procéder à l’identification du suspect. 

Je m’y rends. Et là (je vais finir par croire que la vierge Marie protège la police!), nouveau miracle: un agent me voit approcher et se rend au-devant pour que je ne sois pas reconnu par les impétrants. Là encore, Monsieur le Ministre, cette attention s’appelle une révolution à comparer avec l’époque où un agent m’avait demandé devant l’un de mes agresseurs (en 2013): « Ce jeune homme a eu des propos homophobes. Mais si vous n’êtes pas homosexuel, on le relâche tout de suite parce que les faits ne sont pas qualifiés. Alors, Monsieur, êtes-vous homosexuel? » Cela m’avait fait tout bizarre de devoir dévoiler ma vie privée devant un adolescent tardif qui venait de me menacer au pied de mon immeuble.

Comme je ne suis pas du genre à me dégonfler, je me suis approché des jeunes et j’ai reconnu formellement l’un de ceux que l’on voit sur le film. Je dois ici, Monsieur le ministre, féliciter vos agents pour l’excellence du travail qu’ils ont accomplis au pied d’une barre d’immeubles à loyer modéré où un attroupement menaçant n’a pas tardé à se former. Ils ont gardé leur sang-froid et ont procédé de façon exemplaire à la saisie de la moto et à l’interpellation du suspect.

Tout ceci est une révolution essentielle dans la vie de nos quartiers. Nous pestons souvent contre les impôts que nous payons pour un service public inefficace. Nous sommes d’accord pour payer plus cher lorsque les services publics fonctionnent. 

Merci, Monsieur le Ministre, de votre engagement et de votre efficacité auprès des citoyens qui ont été, ces dernières années, trop souvent traités en ennemis par les pouvoirs publics. Merci de votre soutien. Et je tiens à votre disposition l’identité des agents exemplaires qui sont intervenus pour rappeler la loi de la République.

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