L’inflation en Europe croupit à 0,2% par an

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L’Eurostat a récemment constaté une stagnation de l’inflation en Europe à 0,2% en août 2016 alors que la BCE pratique le « quantitative easing » (QE) depuis un an et demi pour la redresser. Dans un contexte de taux historiquement bas, cette mesure exceptionnelle qui coûte plus de 1 000 milliards d’euros n’arrive pas à stabiliser les prix malgré maints ajustements.

Encore loin de la marge de sécurité

L’objectif ultime de la BCE est de maintenir l’inflation autour de 2% afin d’écarter les risques de déflation, mais elle n’y arrive pas encore pour le moment malgré son recours au QE depuis mars 2015. Voici un diagramme de l’Eurostat en août 2016 :

L’inflation a commencé à dépérir depuis 2012 où elle a légèrement dépassé 3% pour arriver à 0,2% en août 2016. Dans toute l’UE, elle est à 0,3% quand la Belgique et la Suède enregistrent les taux les plus élevés, respectivement de 2% et de 1,2%. La déflation représente en revanche – 1,5% en Croatie, – 1,1% en Bulgarie et menace l’Italie, la Lettonie et la Hongrie (- 0, 1% chacune).

« À trop tirer, on rompt la corde »

La quasi-stabilité de l’inflation ne déçoit pas plus les observateurs que la BCE elle-même dans la mesure où celle-ci a déboursé plus de 1 000 milliards d’euros pour son programme de QE. Les chiffres d’Eurostat affichent en août 2016 une légère hausse de 0,1% dans la Zone Euro par rapport à 2015 et une stagnation à 0,2% par rapport à juillet 2016. La stabilité « théorique » est enregistrée au Danemark (0%), mais le pays n’échappe pas pour autant au risque de déflation :

Frustrée de la défaillance de son QE, la Banque Centrale Européenne qui a prévu le dispositif pour 18 mois depuis mars 2015 l’a prolongé de 6 mois en décembre de cette même année. Initialement prévu pour 60 milliards d’euros par mois, le programme d’acquisition de titre est ensuite monté à 80 milliards d’euros par mois depuis mars 2016 et le panier d’actifs éligibles s’est élargi… toujours sans résultat !

Début septembre, le président de la BCE Mario Draghi a encore annoncé de nouveaux ajustements pour relancer l’inflation, mais cette fois-ci, les « faucons » de la BCE mettent en garde contre des effets secondaires du QE plutôt que des améliorations. Klaas Knot, président de la Banque des Pays-Bas et membre du Conseil des gouverneurs de la BCE, a notamment proposé un changement radical de solution plutôt que de toujours apporter le même remède. Il recommande entre autres de faire confiance au « degré d’innovation au sein des banques centrales.”

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