L’inflation, meilleure façon de lutter contre les inégalités de revenus

L’INSEE vient de publier une note très instructive sur les effets de l’inflation. Elle montre que les classes aisées souffrent beaucoup plus du phénomène que les milieux populaires. À garder en mémoire quand on se souvient que l’Union Européenne s’est fixé un objectif annuel de 2%. 

Une hausse du niveau général des prix, quelle qu’en soit l’origine, a des effets différés sur le revenu disponible des ménages. Ces effets passent par trois canaux. D’abord, les salaires réagissent, en lien avec la revalorisation annuelle du Smic et les négociations salariales visant à préserver le pouvoir d’achat. Ensuite, les barèmes sociaux et fiscaux et certains revenus de remplacement sont revalorisés selon des critères légaux ou usuels d’indexation sur l’inflation. Le troisième canal résulte des décalages temporels induits par la législation française, puisque l’impôt payé en N+1 est relatif aux revenus perçus en N et certaines prestations perçues en N+2 sont conditionnées aux ressources perçues en N.

L’analyse des effets d’un choc d’inflation sur le pouvoir d’achat des ménages jusqu’à deux ans après est réalisée avec le modèle de microsimulation Ines, sur des données représentatives de la population résidant en France métropolitaine en 2015.

Deux ans après un choc d’un point d’inflation supplémentaire, le revenu disponible réel (déflaté des prix) des ménages est inférieur en moyenne de 0,3 % à celui qu’il aurait été en l’absence de choc, sous certaines hypothèses d’indexation des revenus et de dynamique des prix. Cette baisse du pouvoir d’achat s’explique principalement par celle du revenu avant redistribution en termes réels, qui contribue pour – 0,5 point. Les prélèvements atténuent légèrement cette baisse, en contribuant pour + 0,1 point à la variation du revenu disponible réel. Les prestations ont une contribution nulle.

Cette perte de pouvoir d’achat est d’autant plus importante que le niveau de vie est élevé : elle s’élève à – 0,1 % pour les 10 % des ménages les plus modestes, contre – 0,6 % pour les 10 % les plus aisés. Deux effets se conjuguent. D’abord, plus les salaires sont élevés, moins ils sont indexés sur les prix. Un effet de composition s’y ajoute : la part des transferts sociaux, indexés sur l’inflation, dans le revenu disponible diminue avec le niveau de ce dernier alors que la part des revenus d’activité et du patrimoine, qui s’ajustent peu aux prix, progresse. Au total, les inégalités de niveau de vie sont très légèrement plus faibles qu’en l’absence de choc (- 0,001 pour l’indice de Gini et – 0,4 % pour le rapport interdécile).

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