Lyon : le djihadiste présumé est libéré après une erreur du juge d’instruction

A la suite de l’erreur d’un juge d’instruction, le complice présumé d’un commando djihadiste arrêté alors qu’il prévoyait de commettre un attentat à Lyon, a été remis en liberté. La justice peine à se défaire de cette affaire. 

L’information a été partagée par le Canard Enchainé. En 2014, la région lyonnaise était dans le viseur d’un commando qui préparait un attentat. Finalement, trois membres d’une même famille sont interpellés à Meyzieu, une commune de la banlieue lyonnaise. 

Mais dernièrement, c’est le sort de l’un de leur complice qui est étudié et qui pose question sur le sérieux avec lequel la justice française traite ces affaires. Incarcéré en 2016, Oualid B. a pu bénéficier d’une erreur du juge d’instruction pour retrouver la liberté le 3 avril 2018. 

Une liberté qui interroge

A cette date, l’avocat de la défense met le doigt sur une faille dans le dossier. D’après le ministère de la Justice, le juge d’instruction auraut oublié de renouveler la détention provisoire du détenu. La justice n’a pas eu d’autre choix que de le relâcher. Mais « sous un contrôle judiciaire très stricte. » Le prévenu devait en effet pointer deux fois par jour au commissariat de Meaux, en région parisienne.

Seulement, un mois après, Oualid est aperçu au volant d’une voiture dans un quartier où il a interdiction de se rendre et alors même qu’il n’a pas le permis. C’est d’ailleurs un policier du commissariat de Meaux qui le reconnait formellement.

Lors de son interpellation, un téléphone portable est retrouvé contenant des photos et des vidéos faisant l’apologie de l’Etat Islamique. Jugé en comparution immédiate, Oualid risquait jusqu’à 10 mois de prison. Sauf que le tribunal ordonne la relaxe.

Les magistrats estiment que le policier a pu se tromper. De même, lors de la présentation de la pièce à conviction, les photos et vidéos avaient « mystérieusement disparu ».

Le parquet a fait appel de la relaxe mais la procédure pourrait ne trouver son dénouement que le 13 septembre. En attendant, Oualid est libre.

Enquête interne et sanctions inapplicables  

Ce dysfonctionnement n’a pas manqué de faire réagir au sein du ministère de la Justice mais aussi au Gouvernement. Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement, a été interrogé par le Canard Enchaîné. Il regrette un « grave dysfonctionnement » et espère que l’enquête interne lancée par Nicole Belloubet, ministre de la justice, permettra d’en identifier la cause. 

Concernant le juge d’instruction fautif, le Canard affirme qu’il a été convoqué par sa hiérarchie qui l’a enjoint à quitter ses fonctions. Mais ce dernier aurait tout simplement refusé. 

Par ailleurs, Nicole Belloubet a rappelé qu’elle ne pouvait pas prendre directement de sanction à l’encontre du fautif. Néanmoins, en fonction des résultats de l’enquête, elle affirme qu’elle « prendra les décisions qui s’imposent ». 

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