Macron : coup de poker pour la santé, par Vincent Fromentin

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Article paru sur la Lettre de Galilée

Pour une fois, Hollande ne s’est pas trompé en lisant la conjoncture des astres : son jeune conseiller impétueux est devenu président. Le “trou noir politique“, qui a su ratisser large l’échiquier, a trouvé face à lui l’adversaire idéal. Décevant et surprenant son propre camp, Marine Le Pen a scellé son propre destin lors du débat d’entre-deux-tours (quelques minutes consacrées à la santé sur lesquelles revient le QdM)  en se comportant comme un caniche enragé, ridiculement accrochée aux basques du foutriquet. Une aubaine pour le candidat sans programme qui n’aurait pu trouver mieux comme adage : faire barrage au Front National. Quand on n’a pas d’idées, on a des slogans.

Lire : Programme santé de Macron, "révolution culturelle" ou paroles creuses ?

D’aucuns diront pourtant que ce nouveau souffle est une aubaine pour réformer et innover. Dans la nébuleuse des conseillers santé de Macron, après l’épisode Jean-Jacques Mourad, on retrouve pourtant des têtes connues, qui ont mis en musique la Stratégie de Santé de Marisol Touraine, ou ses proches :

  • le Dr. Olivier Veran, 36 ans, siégeant à la Commission des Affaires Sociales de l’Assemblée nationale, en tant que député PS, favorable à l’ouverture d’une salle de shoot, à la fin de la discrimination des homosexuels du don du sang, rapporteur du PLFSS 2015 et rapporteur de la loi Touraine, chargé par la Ministre en 2016 de réformer le mode de financement des établissements de santé,
  • le Pr. Jérôme Salomon, 48 ans, ancien conseiller du cabinet Touraine en 2013 et du cabinet Kouchner en 2001,
  • Martin Hirsch, 53 ans, patron de l’AP-HP,
  • Claude Évin, 67 ans, ancien Ministre de la Santé sous Rocard, rallié tardivement à Macron.
  • On cite aussi les noms de Benjamin Griveaux, ancien DSK, passé par le cabinet de Touraine et porte-parole d’En Marche!, Jean-Marc Borello, Michel Amiel, sénateur PS, du Pr. Jean-Louis Touraine, du Pr. Patrick Pessaux.

Emmanuel Macron, en avril dernier sur France 2, avait juré vouloir des Ministres ayant “une légitimité dans la société civile” et donc, pour la Santé, nommer un “médecin”. Unanimement saluée par le monde médical (comment pouvait-il en être autrement ?), l’élection de Macron n’a certainement pas apaisé les rancœurs des professionnels de santé. Et les syndicats de la profession n’ont pas pour autant donné leur blanc-seing et entendent marquer avec fermeté leurs positions. Les pudiques salutations républicaines et fraternelles cachent les tempêtes à venir…

Lire : Osez Monsieur le Président !

Et il va falloir beaucoup de patience au nouveau Président pour déminer le terrain de la santé : sorti de nulle part, inconnu auparavant, le candidat a été très flou pendant toute la campagne sur les questions de santé. Tout dépendra du Ministre nommé et de l’habilité des professionnels à négocier (et préserver leurs acquis)… Un coup de poker où la mise est énorme.

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