Comment Macron s’est aussi enlisé dans le dossier Notre-Dames-des-Landes

Le rapport des médiateurs sera remis à 11h30 ce mercredi 13 décembre. Pas sûr pour autant qu’il puisse sortir Emmanuel Macron de la situation épineuse dans laquelle son absence de décision l’a plongé. 

Un véritable bourbier dont personne n’arrive à se dépêtrer. Voilà comment on pourrait qualifier le dossier de Notre-Dames-des-Landes. Cela fait près de 50 ans que la classe politique se casse les dents dessus. Et Emmanuel Macron, malgré son envie tenace de se démarquer de ses prédécesseurs, n’y échappe pas non plus. 

L’attentisme macronien taclé

L’absence de prise de position d’Emmanuel Macron passe de plus en plus mal. Ce mardi après-midi, cette question a évidemment été débattue dans l’hémicycle. C’est Jean-Charles Taugourdeau, député LR de la 3e circonscription de Maine-et-Loire qui a dégainé le premier. 

L’Etat a lâché ses élus régionaux, départementaux et municipaux de gauche comme de droite. Cette accumulation d’imprévoyance, d’erreurs de calcul politiciens et pire, de non-choix ont amené l’Etat à l’état de non-droit. Les ZAD, zone d’aménagement différées sont devenues illégalement des ZAD, zones à défendre. Tout ceci a contribué à générer un ras-le-bol de la politique chez les français. 

Cet attentisme, symptomatique du gouvernement macronien, ne passe pas. Que ce soit pour dévoiler son remaniement ou pour prendre une décision concrète sur la ZAD, le président repousse sans cesse l’échéance. Dernier exemple en date présent dans le Monde : Emmanuel Macron y explique qu’il se prononcera au plus tard en janvier. Gageons qu’il ne le fera pas avant Noël, prenant le risque de ternir les fêtes de fin d’année.

Une revirement de bord qui lui revient à la figure

Et monsieur de Taugourdeau de continuer en revenant précisément sur les déclarations sur le sujet d’Emmanuel Macron à l’époque où il était encore candidat à l’élection. 

Et Emmanuel Macron, alors candidat, n’a pas ménagé sa peine pour exploiter ce ras-le-bol. Il s’est engagé publiquement sur ce dossier comme aucun autre candidat. Le 6 avril dernier, il s’engage à faire respecter le vote et faire construire cet aéroport. Alors candidat, Emmanuel Macron s’est présenté en faveur du projet. Il avait même ajouté : « je crois au dialogue, je pense qu’on peut les apaiser en six mois. Et si je n’y arrive pas, je prendrais mes responsabilités et ferait évacuer la zone. »

Alors il est vrai que ce n’est pas un référendum qui a eu lieu mais une simple consultation publique sans aucune contrainte. Et la citation d’Emmanuel Macron est également avérée. Seulement, force est de constater que nous sommes en décembre 2017, soit 8 mois après l’élection présidentielle et que rien n’a été fait : les zadistes occupent toujours la place et l’aéroport n’est pas près de voir le jour. 

Notre-Dames-des-Landes n’est plus qu’un symbole

La réponse d’Elisabeth Borne, ministre des Transports, ne s’est pas faite attendre. 

C’est dans ce contexte qu’un vote est intervenu en juin 2016. ce vote favorable au projet n’a pas levé l’ensemble des contestations, les opposants considérant que l’ensemble des alternatives n’avait pas été étudiées. C’est dans ce contexte que dès son arrivée, le gouvernement a lancé une mission de médiation. il s’agit de disposer d’éléments objectifs et complets pour fonder une décision de manière éclairée. Vous le savez, le rapport sera remis demain (mercredi 13 décembre 2017) au gouvernement. Il devra d’abord en prendre connaissance et étudier les recommandations formulées. Quelle que soit la solution retenue, il faudra restaurer l’ordre républicain et l’état de droit sur le territoire de la ZAD ce qui correspond à la demande d’une grande majorité de nos concitoyens. 

On voit bien dans cette réponse tous les obstacles auxquels se heurte le gouvernement. D’abord, la question même de l’évacuation de la ZAD. Le gouvernement avait beau brandir l’argument d’un référendum, il ne peut plus se cacher derrière : il ne s’agissait que d’une consultation. Et la conséquence de cela est un empêchement juridique de faire évacuer par la force, comme le laissait sous-entendre Emmanuel Macron candidat, la ZAD, bien qu’il ne voulait pas répéter le drame de Sivens. De ce point découle directement la problématique temporelle, qui a été de diriger une médiation dont le résultat est…stérile. 

Enfin, il faut revenir sur la pertinence des choix lexicaux qu’a fait Elisabeth Borne. Elle termine son argumentation en affirmant qu’il faut absolument « restaurer l’ordre républicain et l’état de droit ce qui correspond à la demande d’une grande majorité des concitoyens. » Ici, il n’est absolument plus question de la création de l’aéroport mais plutôt de mater la rébellion. 

Plutôt une bonne chose lorsque l’on entrevoit les réalités qui se cachent derrière les propos des zadistes qui prêchent pour le mythe de la terre nourricière et la défiance face au progrès technologique. Mais par contre, on se doit de reprocher la forme utilisée par le gouvernement. 

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