Malgré sa condamnation, Sanofi continue d’investir dans ses sites de production

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Sanofi a décidé d’investir sur son site de production de Compiègne en modernisant ses équipements. Des embauches ont également été réalisées cette année. L’industrie pharmaceutique ne va donc pas si mal, après le scandale de la Dépakine qui a condamné le géant français à indemniser une famille.

Parmi ses dix-huit sites de production en France, Sanofi a décidé d’investir à Compiègne dont la production est orientée vers la santé grand public. Le choix de l’investissement montre que l’industrie pharmaceutique ne se porte pas si mal que cela malgré l’énorme scandale de la Dépakine qui a mené à la condamnation du laboratoire il y a quelques jours.

11 millions d’euros investis en 2017

A Compiègne, le site de production est spécialisé dans la production des médicaments prescrits sur ordonnance mais aussi sans ordonnance, dont la « star » est le Doliprane. Le site a célébré ses 50 ans d’existence 2016, et pour fêter ça, le site se refait une beauté.

La directrice du site, Catherine Lentgen assure que les investissements représentent 5 millions d’euros par an en moyenne sur les 5 dernières années. Et en 2017, ce sont 11 millions d’euros qui ont été investis « pour la rénovation des locaux et l’introduction d’une nouvelle technologie dans la fabrication des gélules de Doliprane. »

Le laboratoire pharmaceutique ne connait donc pas la crise et sa condamnation récente à verser des indemnités ne semble pas perturber le géant français qui mise sur la modernisation et l’embauche pour assurer son avenir. Ce sont 28 nouveaux employés qui ont rejoint les effectifs à Compiègne.

Sanofi condamné dans l’affaire Dépakine

Pour la première fois, Sanofi a été reconnu responsable dans la malformation d’un enfant dont la mère prenait le produit antiépileptique Dépakine. La cour d’appel d’Orléans a condamné le 11 décembre 2017 le géant pharmaceutique à verser près de trois millions d’euros dont deux millions à la famille et plus d’un million à la CPAM pour rembourser l’intégralité des frais versés par la caisse d’assurance maladie concernant les dépenses de santé de la victime. On sait d’ores et déjà que Sanofi va se pourvoir en cassation, soutenant avoir toujours respecté ses obligations d’information et averti les autorités de santé sur les risques de malformation du foetus dès les années 1980.

« On est bien lotis. D’autant qu’on va récupérer une partie de la production de Boehringer-Ingelheim (ndlr : société pharmaceutique allemande) » 

Michel Histe, syndicat CFE-CGC

 

 

 

 

 

 

 

 

« Les risques de malformations liés à la prise d’un traitement antiépileptique pendant la grossesse étaient bien mentionnés à l’époque des faits (2001) dans les documents d’information du médicament et que les médecins avaient transmis cette information à la patiente »

Sanofi 

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