Malgré les polémiques, Uber revient à Londres et continue son implantation en France

La régie des transports londonien est revenue en appel sur sa décision d’interdire Uber. Elle lui a délivré une licence provisoire de 15 mois durant lesquels la société devra faire ses preuves. En parallèle, Uber continue son expansion en France malgré un climat hostile. 

Les berlines noires vont pouvoir continuer à côtoyer encore un moment les taxis londoniens. Alors même qu’en septembre 2017, la régie des transports londoniens annonçait qu’elle ne renouvellerait pas la licence de la société de VTC américaine, Uber a su convaincre les juges en appel ce mardi 26 juin. Elle gagne une licence provisoire de 15 mois.

Des changements de pratiques 

Fin 2017, les chefs d’accusation pleuvaient à l’encontre de Uber. Etaient surtout reproché un « manque de responsabilité en lien avec plusieurs autres problèmes, avec des conséquences potentielles pour la sûreté et la sécurité du public. » Plusieurs chauffeurs avaient été pointé du doigt pour leur manque de réactivité pour dénoncer des crimes dont ils avaient été témoins. 

Etait aussi reproché le manque de considération de la société vis à vis de ces mêmes chauffeurs. Ces derniers demandaient à ce qu’Uber assure un salaire minimum, le respect de leurs jours de travail et une couverture en cas d’arrêt maladie. 

Si la régie des transports londonien avait donc, dans un premier temps, retiré la licence d’exercer à Uber, le jugement n’était cependant que suspensif ce qui permettait aux chauffeurs de continuer leurs missions ; elle est finalement revenue sur ce jugement en appel au vu des changements opérés par Uber.

Le journal quotidien The Guardian révèle par exemple qu’Uber avait permis l’identification d’auteurs de délits et de crimes en les dénonçant. De même, la société assure que les conducteurs ne conduisent uniquement que dans les quartiers de la ville dans lesquels ils ont une licence pour exercer.

Sadiq Khan, maire de Londres, n’a pas attendu pour commenter la décision de la régie des transports londoniens. « Peu importe à quel point vous êtes grand et puissant, vous devez respecter les règles établies. »

Après des années de fonctionnement médiocre à Londres, Uber reconnait que la décision de TfL de lui refuser de renouveler sa licence était justifiée. Aujourd’hui, notre position a été confirmée par le tribunal.

Sadiq Khan, maire de Londres

Uber continue son expansion

Avec le gain d’une licence provisoire dans ce qui apparaît être le plus grand marché mondial, Uber peut à nouveau voir l’avenir sous de rayonnants hospices. Comptant surfer sur cette vague positive, la société de VTC annonce continuer son expansion en France, et ce, malgré les sanctions européennes et françaises.

Ainsi, le 28 juin, Uber annonçait s’implanter dans un quatorze villes supplémentaires pour la période estivale, en plus des douze villes françaises où l’application est présente de façon permanente. Pour Rym Saker, directrice de la communication Uber France, « il s’agit de dynamiser l’économie locale. 

En faisant des sondages, on a remarqué qu’environ 30 % des trajets Uber n’auraient pas été effectués si Uber n’avait pas existé. C’est aussi un avantage pour les touristes étrangers. On estime qu’environ 30 % de nos utilisateurs sont des personnes qui n’habitent pas dans la ville dans laquelle ils commandent un Uber. »

Rym Saker, directrice de la communication Uber France

Néanmoins, la CJUE confirme son intention de réglementer la société comme une société de transports. Fin du traitement de faveur. Par ailleurs, dans sa décision du 10 avril 2018, elle explique que la France peut appliquer des sanctions à Uber, en cas de manquement, sans en informer préalablement la Commission du projet de réglementation. 

En clair, Uber peut donc continuer d’exercer. Mais avec la plus extrême des prudences. Au moindre faux-pas, les sanctions tomberont. En Angleterre, en France, comme plus globalement en Europe. 

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