Mariage d’argent et de raison entre l’UPA et l’UNAPL

Temps de lecture : 2 minutes

Cet article a été lu 3606 fois

Un mariage patronal est annoncé: il unira pour l’éternité la carpe artisanale et le lapin libéral, à savoir l’UPA (Union des Professions de l’Artisanat) et l’UNAPL (l’Union Nationale des Professions Libérales). On s’en délecte par avance: ce n’est plus le médecin qui épouse l’infirmière, ni l’avocat qui bouscule sa secrétaire par-dessus le bureau. C’est le plombier même pas polonais qui fait un cinq à sept avec l’avocate du troisième, et le boulanger qui fait ses bâtards devant la médecin de famille.

Les raisons cachées de cette union morganatique

Pour justifier cet étrange attelage, on ne cherchera nulle cohérence idéologique sinon peut-être l’extrême dépendance de ces mouvements patronaux vis-à-vis des pouvoirs publics.

Les syndicats de médecins, par exemple, membres de l’UNAPL, ont besoin des financements publics pour survivre. Ce petit secret explique bien des signatures de conventions avec l’Etat.

Du côté de l’UPA, le sujet est à peu près le même. Dans la réforme de la représentativité patronale, l’UPA devrait être lésée par rapport à la CGPME et au MEDEF, qui récolteront l’essentiel des fonds de l’AGFPN. Le regroupement avec l’UNAPL devrait modifier la donne en transformant la nouvelle entité en mouvement patronal majeur.

C’est donc un mariage d’argent qui se prépare, d’autant plus urgents que beaucoup de fédérations membres de l’UPA sont à la peine pour se financer.

Quel régime pour ce mariage d’argent?

Reste à savoir quels seront les termes du contrat.

Le plus vraisemblable est que les deux entités vivent sous le régime de la séparation. On peine en effet à voir quel lien peut exister entre les petites entreprises de l’artisanat qui ont souvent quelques salariés, et les avocats, les médecins, les notaires, dont le mode de fonctionnement est très différent.

De leur côté, les artisans auront sans doute envie de garder leur magot et de ne pas le partager avec les cols blancs des beaux quartiers.

Avec un peu de recul, il apparaît une fois de plus que les mouvements patronaux font la promotion d’un syndicalisme sans adhérents, mais avec subventions publiques. Tout un programme, qui en dit long sur la capacité du mouvement patronal à mener des réformes…

print

A propos Éric Verhaeghe 148 Articles
Fondateur de Tripalio, auteur.
Contact: Twitter

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*


Lire les articles précédents :
Les institutions de prévoyance ont-elles une mission d’intérêt général?

La question des désignations a mis sur le tapis le sujet des SSIG (services sociaux d'intérêt général). Les défenseurs des...

Fermer