Martinique : des bus à 400 millions d’euros qui ne roulent pas !

13,9 kilomètres de voies réservées, 18 stations et 14 bus à 1 million d’euros pièce. Le réseau de bus reliant l’aéroport à Fort-de-France n’est toujours pas en service et ne serait pas prêt à l’être. Le budget de tous les aménagements : 400 millions d’euros dont 61 millions d’aides de l’Union Européenne. 

Tout est prêt. Les routes, les stations et les bus sont flambants neufs. Le projet de réseau TCSP de bus avait pour but de désengorger le centre-ville et permettre une meilleure desserte de l’île pour les habitants sans moyens de locomotion. 

Seulement, la mise en service ne cesse d’être repoussée. Le Canard enchaîné montre qu’elle devait initialement avoir lieu en décembre 2015, puis en mars 2016, en septembre 2016, avant d’être annoncée pour juin 2017. La dernière date évoquée : fin janvier 2018. Au 1er février 2018, il n’y a encore aucun bus en circulation. 

Un chantier pharaonique que personne ne veut assumer

Il ne faut pas chercher bien loin pour trouver l’origine du problème. Tout est une question de coûts. Le projet total des investissements est estimé à 400 millions d’euros, dont 380 millions venant d‘un partenariat public-privé avec le groupe Vinci. 

Mais avec des coûts de fonctionnement annuels estimés à près de 15 millions d’euros, Alfred Marie-Jean, président de Martinique Transports, refuse de mettre la main à la poche pour des « propositions exorbitantes. »

Un imbroglio administratif qui irrite l’UE

Il faut aussi savoir que ce chantier a été financé en partie par l’Union Européenne qui a signé un chèque de 61 millions d’euros. Mais avec les retards successifs de démarrage et les réunions qui ne débouchent sur rien, l’UE se montre de moins en moins compréhensible. Au point qu’elle menace tout simplement de récupérer l’argent. 

Signe de cet imbroglio incroyable : la phase de tests qui devait durer initialement cinq mois, ne s’est finalement égrainée que sur trois semaines. Et quand bien même elle a été concluante, les bus ont été renvoyés au dépôt. 

Actuellement, 14 kilomètres de voies réservées, 18 stations et 60 chauffeurs sont opérationnels mais au chômage technique. Et les bus, eux, ne roulent pas pour un coût mensuel compris entre 800 000 et 1 million d’euros. En attendant, ce sont des piétons qui profitent du macadam…

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