Mélenchon et la tentation de la violence

Sans être un succès exemplaire, la manifestation organisée hier par Mélenchon et la France Insoumise (probablement 60.000 manifestants) a rassemblé suffisamment de partisans pour ne pas être anodine. Elle constitue une étape significative dans un parcours tourné vers l'appel constant à la violence de rue. 

On a bien tort de sous-estimer Mélenchon. Depuis des années, ses petits copains socialistes l'ont pris pour un vulgaire démagogue. Après des années de haine et d'incertitudes, il a fini par leur mettre des centaines de milliers de voix dans la vue. Il est comme ça le Chavez de l'Essonne: il tonitrue, il se fait moquer, mais les moqueries le renforcent, et à la fin ses oraisons tribuniciennes lui ouvrent la voix. 

Les erreurs les plus fréquentes commises sur Mélenchon

Sur Mélenchon, on ne compte plus les lieux communs erronés qui circulent. 

Le premier d'entre eux est de croire qu'il n'est pas révolutionnaire. Son recours répété à la rue le montre. Certes, Mélenchon n'appelle pas aux armes. Mais les siens ne manquent pas une occasion de faire l'éloge de la violence et ne cachent pas leurs intentions d'en finir avec une économie fondée sur l'entreprise privée. 

Si on ne peut parler, avec Mélenchon, de bolchevisme ouvert, on peut en revanche voir en lui un marxiste-léniniste convaincu. C'est indécodable pour tous ceux qui ont oublié ce que voulait dire la dictature du prolétariat, mais Mélenchon cherche effectivement à réunir les conditions d'un basculement proche de celui de 1917.

Dans cet ordre d'idées, on arrêtera donc d'oublier la fascination de la France Insoumise pour la violence politique. Les pudeurs du mouvement dans la dénonciation de ce qui se passe au Vénézuéla le montre à tous ceux qui acceptent d'ouvrir les yeux. 

On arrêtera aussi de répéter à l'envi que le charisme de Mélenchon ne se traduit jamais dans les urnes. Tôt ou tard, à force de ne pas être prise au sérieux par ses adversaires, la France Insoumise gagnera au moins une majorité relative qui lui permettra d'être incontournable, comme le NSDAP le fut en Allemagne, ou comme les communistes le furent en république tchèque en 1948. 

Le retour de la dictature du prolétariat

Pour le reste, on a là aussi bien tort de ne pas prendre au sérieux les paroles et les programmes de Jean-Luc Mélenchon. L'intéressé ne cache pas sa fascination pour Lénine. Ses propositions convergent globalement pour fortement administrer l'économie française.

Tout le monde connaît les conséquences de ces mesures. Même sans une révolution brutale, une majorité insoumise à l'Assemblée nationale conduirait à des ruptures majeures dans notre organisation sociale au profit d'une collectivisation et d'une répression étatique liberticide

Dans la pratique, ses appels répétés à la rue constituent déjà une ligne rouge que la démocratie ne devrait pas admettre. Reste à savoir quelle sera la capacité politique des adversaires de Mélenchon à réagir à cette stratégie dangereuse. 

1 commentaire sur Mélenchon et la tentation de la violence

  1. J’étais présent à la manif. Je peux donc témoigner que la grande majorité des participants sont des enseignants en retraite, des informaticiens, des fonctionnaires, des journalistes, des employés de bureau…, pas franchement les grandes masses révolutionnaires et sanguinaires.
    Le déséquilibre du partage des richesses rendra nécessaire tôt ou tard une remise à niveau; aujourd’hui les sociétés développées sont clairement devenues des ploutocraties, où les riches font de plus en plus sécession. La question est de savoir si on laissera se réinstaller une forme de féodalité qui se constitue actuellement, ou pas…

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