La moitié des entreprises créée avec moins de 8 000 euros

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Près de 53% des entreprises ont été créées avec moins de 8 000 euros en 2014 d’après une étude de l’Insee. Les créateurs d’entreprise, plus âgés et moins expérimentés par rapport à ceux de 2010, ne manquent pourtant pas de volonté pour relancer l’économie du pays. Mais malheureusement, la France ne les aide pas suffisamment, voire pas du tout…

Moins de 2 000 euros d’investissement pour le tiers des créateurs d’entreprise

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Quelque 8 000 euros et un peu de détermination ont suffi à 52,8% des créateurs d’entreprises en 2014 pour démarrer leur projet. Pour certains, il n’y a là rien d’étonnant, mais pour d’autres il s’agit d’un véritable exploit. Plus surprenant encore, une grande partie d’entre eux ont pu commencer à investir avec moins de 2 000 euros ! 29,1% de la « cohorte 2014 » y sont arrivés.

Côté statistiques, ces créations à faible investissement initial ont nettement rebondi par rapport à 2010 (+9% pour les moins de 8 000 € et + 10% pour les moins de 2 000 €). Il faut donc croire que la hausse du nombre de ces petits investisseurs traduit un manque de coup de pouce de l’État alors que la proportion des « riches créateurs » (avec 80 000 € et plus) s’est stabilisée. Voici d’ailleurs d’autres chiffres intéressants.

Le flagrant désengagement de l’État

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Vous comprendrez donc d’après ce petit tableau que les riches créateurs d’entreprises se concentrent principalement dans l’hébergement-restauration (23%), puis les loisirs (18,9%), des secteurs porteurs pour entreprendre. Les investisseurs modestes eux préfèrent se tourner vers la santé humaine et l’action sociale ainsi que l’enseignement, ce dernier rappelons-le étant l’une des priorités des investissements d’avenir pour “augmenter le potentiel de croissance de l’économie française”. Et pourtant…

Côté ressources, 65% de l’ensemble des créateurs d’entreprises en 2014 contre 54% en 2010 ont investi avec leur propre argent ou des ressources familiales. De mal en pis, les plus modestes sont les moins aidés : 94% de ceux qui ont démarré leur projet avec moins de 2 000 euros ont mobilisé leur propre fonds contre 75% en 2010. Et lorsque ces investisseurs utilisent des ressources extérieures, ils les obtiennent non pas des aides ou subventions, mais des banques (82%).

Ce ne sont pourtant pas les dispositifs d’aide qui manquent : le PIA que nous avions évoqué plus haut, le CICE, le CIR que Bercy brandit fièrement, et j’en passe. Ah, n’oublions pas non plus le CII, les JEI/JEU, ou les fameuses aides régionales. Selon l’Insee, la proportion des chômeurs-créateurs a reculé de 6%, dépassée par celle des salariés alors que le gouvernement s’amuse à raboter l’ACCRE. L’État se trompe-t-il donc de cible/solution ou n’aide-t-il que les riches ?

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