Nîmes : les médecins en grève après l’agression d’une infirmière à domicile

Les médecins et infirmiers apparaissent bien démunis face à la montée de la violence dont ils sont les victimes. Lundi 23 avril, une infirmière à domicile a été agressée dans une rue à Nîmes. Une situation intenable pour ses confrères.

Le 17 avril dernier, nous faisions état du lancement de l’application Cormedal, censée aider les médecins à lutter contre le nombre grandissant d’agressions dont ils sont victimes. A juste titre, plusieurs internautes nous avaient demandé si cette application était aussi disponible pour les praticiens et praticiennes à domicile. Une question à laquelle nous n’avions pu répondre.

Deux semaines après, nos confrères du 20 Minutes rapportent que plusieurs médecins exerçant dans les quartiers sensibles autour de Nîmes ont fermé leurs portes ce vendredi 27 avril après une énième agression.

L’agression de trop… 

Lundi 23 avril, une infirmière a été agressée par un homme qui tentait de lui voler son sac alors qu’elle se rendait au domicile d’un patient pour la mise en place d’une hospitalisation à domicile. Un consoeur témoin de la scène raconte qu’elle a été insultée, projetée au sol puis rouée de coups avant que l’agresseur ne lui vole son collier.

Il s’est déchaîné contre la médecin en lui mettant des coups de pieds à la tête, en la faisant tomber au sol. Sa tête a tapé contre le bitume.

La médecin a été admise en urgence à la polyclinique Grand Sud. Elle s’est sort avec 5 jours d’ITT et profondément choquée. L’autre élément qui interpelle dans cette agression est le manque de réaction des personnes témoins de la scène. 

Personne n’a bougé pour lui venir en aide.

Une ville privée de médecins et de services publics

En signe de protestation contre ce phénomène qui prend de plus en plus d’ampleur, les médecins de la région ont appelé à une journée « santé morte ». Jean-Pierre Brunot, généraliste à Pissevin, près de Nîmes, explique « vouloir interpeller la population« . 

Tout le monde a un portable, alors en cas d’agression, il faut au moins prendre une photo.

Il craint ici que cette zone subisse une ghettoïsation où la loi du silence règne et que la population souffre de l’absence des services publics.

Ca vaut pour les pompiers, le Samu, les médecins… Plus personne ne veut intervenir ici.

La direction de l’Etablissement d’hospitalisation à domicile 3G Santé a d’ores et déjà prévenu l’Agence Régionale de santé que plus aucun infirmier n’irait dans les zones mises en cause si « les conditions de sécurité de ne sont pas assurées« .

Parmi les motifs donnant le plus lieu à des agressions, on retrouve des reproches liés à la prise en charge des soins (29%), des refus de prescription (14%), le temps d’attente jugé excessif (10%) et le refus de falsifier ou fournir un document de complaisance (10%).

Les agressions sont le plus souvent verbales. Seulement, plusieurs cas rapportent l’utilisation d’armes : neuf fois, il s’agissait d’un couteau ou d’un cutter, quatre fois d’une arme à feu, trois fois avec des pierres ou des parpaings, une fois avec une canne et une fois avec une hache. 

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*


Lire les articles précédents :
La suppression des cotisations chômage promise par Macron est-elle vraiment possible?

La suppression des cotisations chômage acquittées par les salariés, promise par Emmanuel Macron, est-elle possible? La question est posée par...

Fermer