Novelli: “La coexistence entre la droite et le libéralisme est difficile”

Hervé Novelli nous a reçu pour une longue interview sur les travailleurs indépendants. Ce fut l'occasion d'évoquer la campagne ratée de François Fillon et les perspectives de la droite. Son constat est globalement pessimiste. 

Les lendemains de campagne électorale, à droite, sont évidemment très durs. Après la large victoire de François Fillon sur Alain Juppé lors de la primaire des Républicains, beaucoup avaient imaginé que l'affaire était dans la poche et que la campagne serait une partie de plaisir. 

Les révélations tombées dans la presse sur les pratiques de François Fillon en ont décidé autrement. Quoiqu'il soit arrivé, l'élan de confiance, l'enthousiasme dont Fillon avait bénéficié en novembre était rompu. 

Peut-on être libéral chez les Républicains?

Hervé Novelli prône une reconstruction idéologique complète à droite, au sein du parti, dans une réflexion commune. Il se montre pessimiste sur les chances de voir cette nécessité se transformer en réalité. Au vu de la tournure actuelle des débats, on peut partager son point de vue. 

La question sous-jacente est évidemment de savoir quelle place une vision libérale peut encore occuper dans une droite obsédée par l'État et au fond très satisfaite de voir que 56% de la richesse nationale est "mutualisé" dans des dépenses publiques. Ni Laurent Wauquiez, Ni Valérie Pécresse, ni les "constructifs" ne semblent décidés à s'occuper de ce sujet qui n'est pas mineur. 

La liberté est devenue le cadet des soucis républicains

Sur ce point, il existe un hiatus fort entre la large majorité obtenue par François Fillon sur un projet d'essence libérale et la doctrine dominante des Républicains aujourd'hui. De toutes parts, il parait évident que le projet de la droite ne peut en aucun cas s'attaquer à l'obésité publique en France. 

Or, certains sujets sont essentiels à traiter pour retrouver la prospérité. L'excès de réglementation, et souvent l'hyper-réglementation dont la transposition des directives est le prétexte, brident l'activité économique. La fiscalité écrase les marges des entreprises. L'éducation est un naufrage producteur d'inégalités majeures. 

Sur toutes ces questions, la droite reste muette. Elle mise l'essentiel de son avenir sur les questions de sécurité et de protection. Ce choix paraît un peu court dans la mesure où il rencontrera en partie les préoccupations de la frange conservatrice de l'électorat. 

Mais, sans un choc économique majeur, la prospérité du pays ne reviendra pas. 

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