Oui le nombre de chômeurs diminue. Non ils ne trouvent pas d’emploi

C'est la bonne nouvelle de ce trimestre : en un peu moins de 6 mois, Emmanuel Macron a inversé la courbe du chômage puisque le nombre de chômeurs a diminué en septembre dernier. Seulement, on ne peut que questionner les moyens mis en oeuvre par la DARES pour comptabiliser ces ex-salariés. 

"Une baisse historique", "spectaculaire", "du jamais vu depuis 1996"... Les superlatifs ne manquent pas dans les médias lorsque l'on parle de la baisse du chômage en septembre dernier. Seulement, même avec une baisse de 1,8% en un mois, on constate que cette dernière n'est finalement que de 0,2% sur le trimestre et de 0,5% sur un an. Autant dire que le nombre de chômeurs stagne depuis le début de l'année. 

Une méthode de comptage toujours aussi critiquable 

Héritage de l'ère François Hollande, la méthode de comptage du nombre de chômeurs est toujours aussi critiquable. En clair, la DARES prend en compte des sorties que l'on pourrait presque qualifier d'artificielles. En premier lieu, il faut rappeler que cette baisse substantielle du nombre de chômeurs ne porte que sur un mois. Lorsque l'on prend en compte les tendances sur trois mois, elles sont presque toutes en hausses. 

Alors oui, le nombre d'entrées chez Pôle Emploi diminue. Cependant, le nombre de sorties diminue de la même façon. 

Un salarié qui sort des registres ne trouve pas forcément de travail

D'abord la bonne nouvelle : le nombre de personnes sortant des registres de Pôle Emploi pour cause de reprise d'un emploi déclaré a augmenté de près de 4% en un an ! Et maintenant la/les mauvaise(s) nouvelle(s) : ce nombre ne représente qu'une personne sur cinq. C'est donc la triste réalité qui est cachée dans ce rapport. La majeure partie de ceux qui quittent Pôle Emploi ne retrouvent pas un emploi.

Le premier motif de sortie est la cessation d'inscription pour défaut d'actualisation (en clair, les personnes n'ont pas mis à jour leur situation et sont rayés des listes). Le deuxième motif est l'entrée en stage qui correspond à près de 11% des sorties soit environ 52 100 nouveaux stagiaires en 1 mois.

Quand on compare ces chiffres à la courbe générale de l'entrée en catégorie A,B,C des chercheurs d'emplois, on constate toujours un dynamisme très important puisque celle-ci se situe, à quelques dizaine de milliers près, à même niveau qu'un an auparavant. Autrement dit, tous les artifices utilisés n'ont aucun effet durable sur la courbe du chômage. 

" Sur le trimestre, oui on a des signaux encourageants et positifs sur la reprise économique, sur la création d'emplois et la baisse du chômage. Mais je ne souhaite pas commenter les chiffres mois par mois. il faut attendre les données trimestrielles, plus robustes, pour se comparer au niveau européen. "

Muriel Pénicaud, ministre du travail

L'objectif de 7% est-il atteignable ?

Au début de son quinquennat, Emmanuel Macron avait annoncé vouloir atteindre un taux de chômage à 7,5% (actuellement, il est plutôt autour des 9,5%). Et aux vues de la prise en compte aléatoire des statistiques par la DARES, il y a fort à parier que cet objectif sera au mieux, très difficile à atteindre. Pour les syndicats Force Ouvrière et la CGT, la reprise économique qui est envisagée risque de précariser encore plus l'emploi. 

" Si toutes les mesures structurelles qu'on est en train de prendre font leur plein effet, ce que nous pensons, il est raisonnable d'envisager un chômage qui baisse à 7%. "

Muriel Pénicaud, ministre du travail

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