Panique chez les accros à la dette ? par Bill Bonner

Cet article provient du site La Chronique Agora.

L’angoisse des taux, la ré-inflation, voilà ce qui secoue les marchés. Chez les accros à la dette, c’est l’affolement.
 
« Surveillez le vendredi », disent les vétérans des marchés. Lorsque les pros sont inquiets, ils soldent leurs positions le vendredi afin de passer le week-end sans angoisse.
 
Lorsqu’ils sont confiants, ils achètent le vendredi ; ils ne veulent manquer aucun des gains du week-end.
 
Vendredi dernier, les traders ont vendu les actions, faisant chuter le Dow Jones de 666 points sur la séance.
 
Les marchés sont toujours en train de grimper ou de baisser. Ce marché va baisser, cela ne fait aucun doute.
 
Ce ne serait rien de neuf et ne vaudrait pas vraiment la peine d’être mentionné… sauf qu’il y a plus.
 

Les idioties habituelles

Non seulement les prix des actions et des obligations vont chuter, mais la structure financière dans son intégralité se dirige vers une destruction longue et douloureuse.
 
Pour l’instant, personne ou presque ne s’en aperçoit. Le New York Times de lundi, dans son édition internationale, ne fait pas mention de l’Etoile de la mort qui s’approche actuellement de l’économie américaine. Au lieu de ça, nous y trouvons les idioties habituelles. Trump a fait ci… la Russie a fait ça… Nunes… Mueller… Israël… la Pologne… bla bla bla. C’est ainsi que ça fonctionne.
 
Les vétérans disent aussi qu’un marché baissier essaiera toujours d’emporter autant d’investisseurs que possible dans sa chute. Il ne serait donc pas surprenant que les actions se remettent… de sorte que les investisseurs pensent que le danger est passé… suite à quoi, boum – un vrai krach. [NDLR : Les marchés peuvent se reprendre… mais les raisons de chuter sont toujours là. Prenez vos précautions maintenant : ces six mesures sont concrètes et faciles à appliquer. N’attendez pas qu’il soit trop tard – cliquez ici sans attendre.]
 
Comme toujours, nous attendons de voir… et nous ferons de notre mieux pour en profiter… en essayant de comprendre.
 
Nous observons et nous nous posons des questions.
 
Souvent, nous relions les points… lentement… lentement… jusqu’à ce que, sans prévenir, tout s’enchaîne rapidement.
 

Un dîner alléchant

Nous allons revenir au paysage financier dans une minute… Mais d’abord, un petit point sur nos voyages.
 
Nous avons interrompu notre aventure immobilière en Irlande pour régler quelques affaires en France lors d’un séjour à la campagne.
 
« Je vous ai préparé un bon repas », nous a annoncé un vieil ami à notre arrivée.
« Du poisson que nous avons pêché dans l’étang… et un parmentier de lièvre. »
« Miam… Vous avez abattu le lièvre sur la ferme ? »
« Non, nous l’avons trouvé sur la route. Quelqu’un l’avait tapé avec sa voiture, sans l’écraser. Il était encore tiède quand nous l’avons trouvé. »
« Ah… voilà qui semble alléchant… »
 
C’était la première fois que nous mangions un animal trouvé sur la route. Mais ça s’est avéré délicieux.
 
Il a plu tout le week-end, si bien que nous n’avons pas pu travailler à l’extérieur. Tout de même, c’était un plaisir de revenir « chez nous » en France. Nous y sommes depuis près d’un quart de siècle. Dommage qu’il y ait les impôts…
 

L’angoisse des taux

Mais revenons-en aux marchés…
 
La cause probable de la dégringolade de vendredi était due, a-t-on dit, « à l’angoisse des taux » et « à la ré-inflation des prix ».
 
L’angoisse des taux provient du changement, déjà abondamment commenté, de la politique de la Fed. Les banques centrales ne forcent plus les taux à la baisse ; elles les laissent plutôt grimper.
 
Le bon du Trésor US à 10 ans, par exemple, enregistrait un rendement de plus de 2,8% vendredi : pas moins de 1,4% de plus que le plancher établi le 6 juillet 2016.
 
Quant à tenir compte de la ré-inflation – ou reflation, le phénomène qui se produit lorsque les prix recommencent à grimper –, il était temps. Le pétrole est déjà revenu à près de 70 $ le baril.
 
D’une manière générale, les prix à la consommation ne grimpent pas, maintenus au plancher par les prix des biens fournis par la Chine et les prix des services fournis par l’Inde. Cela, toutefois, devrait changer à mesure que les politiques commerciales protectionnistes de Trump portent leurs fruits pourris.
 

Accros à la dette

Nous disions fin 2016, juste après les élections américaines, que l’arrivée de Trump au pouvoir signifiait un retour de l’inflation.
 
Notre raisonnement est simple : le Deep State (la vaste meute d’initiés qui contrôlent le gouvernement) vit de taxes et de crédit.
 
La collecte d’impôts est limitée par ce que l’économie réelle peut produire concrètement. Et l’économie ralentit ; la croissance du PIB a été légèrement inférieure, durant la première année de Trump, à ce qu’elle était durant les années Obama. De sorte que Trump et le Deep State ont plus que jamais besoin de la dette.
 
C’est pour cela que les autorités devraient emprunter 84% de plus cette année que l’an dernier. Comme prévu, l’ère des déficits budgétaires à plusieurs milliers de milliards de dollars est de retour.
 
Le Washington Post :
« Voici les chiffres exacts. Le Trésor américain prévoit d’emprunter 955 Mds$ au cours de cet exercice fiscal, selon un document publié mercredi. C’est la plus grosse somme empruntée depuis six ans, et une augmentation de taille par rapport aux 519 Mds$ que le gouvernement fédéral a emprunté l’an dernier. ‘Nous sommes accros à la dette’, dit Marc Goldwein, directeur de la politique au sein du Comité pour un budget fédéral responsable. Il rejette la responsabilité de cette situation sur les deux partis. »
 
Comment ça « nous », blanc-bec ?
Les politiciens, les compères du Deep State, les zombies – tous sont accros à la dette.
Le reste d’entre nous, en revanche, se porterait bien mieux sans.

Article écrit par Bill Bonner pour La Chronique Agora.

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