Le Parlement européen pousse à la reconnaissance de l’État palestinien

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Le Parlement européen vient de publier un communiqué sur la reconnaissance de l’État palestinien.

Le processus de paix au Moyen-Orient arrive à un moment crucial et l’Union européenne doit reconnaître l’État palestinien, soulignent les députés européens en charge des relations avec la Palestine.

Une délégation s’est rendue à Jérusalem et en Cisjordanie cette semaine pour évoquer les récents développements. La semaine passée, le Parlement a critiqué la décision du gouvernement israélien de légaliser rétroactivement des logements construits illégalement sur des terres palestiniennes.

 

Menée par Neoklis Sylikiotis, député chypriote membre du groupe de la Gauche unitaire européenne / Gauche verte nordique, la délégation composée de cinq députés a rencontré des représentants des autorités palestiniennes, des communautés menacées de déplacement forcé ainsi que des organisations de la société civile luttant contre l’expansion des colonies israéliennes.

 

À Jérusalem le 23 février, Neoklis Sylikiotis a qualifié les récentes décisions israéliennes de bâtir 3000 habitations supplémentaires en Cisjordanie et de légaliser rétroactivement des milliers de logements construits sur des terres palestiniennes de « nouvelle violation faite au droit des Palestiniens à l’auto-détermination ». La Cisjordanie est occupée par Israël depuis maintenant un demi-siècle.

 

Nouvelles constructions et démolitions

 

Les députés se sont rendus au tribunal militaire d’Ofer, au camp d’Aida pour les réfugiés palestiniens situé au nord de Bethléem ainsi que dans le village bédouin de Khan al-Ahmar qui risque de disparaître. Rien qu’en 2016, 6 088 Palestiniens étaient concernés par des démolitions effectuées sous contrôle israélien.

 

Lors d’une rencontre avec des représentants des autorités palestiniennes, les députés ont demandé la mise en œuvre du nouvel accord d’unité conclu en janvier dernier entre le Hamas et le Fatah. Ils se sont pourtant vu refuser l’accès à la bande de Gaza par les autorités palestiniennes.

 

La solution des deux États, plus éloignée que jamais ?

 

Lors d’un débat en session plénière le 14 février, les députés ont évoqué la situation en Cisjordanie et plus particulièrement la question des colonies.

 

Au nom de la présidence du Conseil de l’Union européenne, le ministre maltais Ian Borg a rappelé l’engagement de l’Union européenne pour la solution des deux États.

 

Hilde Vautmans, députée libérale belge, a néanmoins averti qu’elle semblait « plus éloignée que jamais ».

 

Victor Boştinaru, député démocrate socialiste roumain, a quant à lui exhorté les députés à ne pas abandonner leurs efforts pour la paix : « La solution des deux États et la reconnaissance mutuelle des frontières de 1967, avec des échanges de terres convenus de la part des deux parties et Jérusalem comme capitale, représente le seul espoir pour la paix ».

 

Le député démocrate-chrétien roumain et vice-président de la sous-commission des droits de l’homme Cristian Dan Preda a demandé au Parlement de ne pas simplement se focaliser sur la question des logements : « Nous sommes face à une situation complexe et multiforme où se mêlent d’autres problématiques telles que la sécurité, les frontières ou les réfugiés ». « En se concentrant sur un seul aspect du conflit, nous aliénons Israël, un partenaire important et la seule démocratie de la région », a-t-il expliqué.

 

Le député conservateur néerlandais et vice-président de la délégation du Parlement pour les relations avec Israël Bas Belder a accusé l’Union européenne d’être responsable de « l’impasse qui persiste » dans la région et a qualifié de grande erreur le fait « d’envisager l’avenir de l’État palestinien en considérant comme contraignante une frontière basée sur un cessez-le-feu temporaire ».

 

Soulignant que l’Union européenne ne reconnaît pas la souveraineté d’Israël sur le plateau du Golan, à Gaza et en Cisjordanie, y compris à Jérusalem-est, le député vert français Pascal Durand a critiqué le fait que les directives concernant l’étiquetage des produits importés depuis des colonies israéliennes considérées comme illégales n’étaient pas complètement mises en œuvre.

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