Peillon et la banque du temps

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Vincent Peillon, candidat de l’aile historique du Parti Socialiste, propose un programme assez peu novateur. Il préconise néanmoins la création d’une banque du temps dont voici l’argumentaire.

Peillon et la banque du temps

4. UN TEMPS DE TRAVAIL REPENSÉ À L’ÉCHELLE DE LA VIE

Le débat français se focalise depuis plusieurs années sur la durée légale hebdomadaire de 35 heures, qu’il faudrait, pour les uns abaisser, pour d’autres relever et pour certains autres abolir. C’est oublier que, dans notre pays, les salariés à temps plein travaillent aujourd’hui, en moyenne, un peu plus de 39 heures par semaine. Cette moyenne ne prend pas en compte le temps partiel, ni les importantes disparités qui existent, par exemple, entre les femmes et les hommes en la matière.

Autrement dit, les 35 heures n’ont rien d’un carcan et ne représentent que le seuil de déclenchement des heures supplémentaires. La politique de réduction du temps de travail est un progrès séculaire, qui a notamment servi l’expansion de l’emploi, en France, à la fin des années 1990. Je m’inscris dans la lignée de cette politique en défendant, comme je l’ai toujours fait, une durée légale à 35 heures par semaine et une juste rémunération des heures supplémentaires par les employeurs.

Nous devons poursuivre cet effort sous une forme adaptée à la réalité présente du marché du travail. La France présente une concentration particulièrement forte de l’emploi sur les âges intermédiaires de la vie active (entre 30 et 50 ans), et des taux d’emplois très réduits, par rapport à nos voisins, chez les jeunes comme chez les séniors. En outre, les femmes, qui représentent plus de 80 % des travailleurs à temps partiel, portent encore très largement le poids de la conciliation entre vie familiale et vie professionnelle.

Je proposerai que la prochaine étape des politiques d’aménagement du temps de travail consiste à renforcer l’autonomie des salariés dans l’organisation des différents temps de leur vie. Il s’agira de prendre appui sur le Compte personnel d’activité pour créer de nouveaux droits et les rendre portables tout au long de la vie professionnelle.

Reposant sur une extension d’un compte-épargne-temps devenu portable, de nouvelles dispositions permettront de faire du CPA le réceptacle d’une “banque des temps”, abondée par les actifs au cours de leur vie mais aussi par des dotations mutualisées, dans laquelle chacun pourrait puiser, dans certaines conditions, pour prendre des congés, pour suivre une formation, ou encore pour réduire son activité afin de s’occuper d’un parent dépendant. Cette nouvelle approche favoriserait également la reconnaissance sociale du temps consacré aux activités associatives ou d’intérêt général.

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