Pendant que la gauche se déchire, Fillon bouscule les règles de l’Union

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L’opinion publique est accaparée par la primaire de la gauche, et ses lamentables tripatouillages d’arrière-boutique.

La gauche et ses tripatouillages électoraux

Il faut reconnaître qu’il a fait fort, Christophe Borgel, chargé d’organiser la primaire dans des établissements publics. Il n’a manifesté pas vu la différence entre une primaire et des élections au sein du PS, où les tricheries ont toujours été la règle. Tout le monde s’est d’ailleurs gaussé des allers et retours grotesques sur le nombre exact de votants. Comme par hasard, la primaire aurait attiré 1,6 million d’électeurs, juste au-dessus du seuil fixé par le Premier Secrétaire Cambadélis comme signal d’un échec.

L’obsession de savoir à qui profite le crime

La victoire de Hamon a déjoué les pronostics initiaux (mais pas ceux proposés par ce blog), comme celle de Fillon en son temps. Elle a immédiatement nourri la question anecdotique de savoir si elle profitait ou non à Emmanuel Macron. L’art de la pronostication politique relève souvent de l’astrologie. Dans le cas de la présidentielle qui vient, la règle générale se vérifie plus que jamais. Qui peut savoir, si Hamon est bien élu et fait une bonne campagne, la place qu’il laissera effectivement à Macron et à Mélenchon?

Le pari risqué de Valls

Face à Hamon, Valls joue son va-tout en misant sur sa crédibilité personnelle et sur le manque d’expérience de son rival. La stratégie est risquée dans la mesure où l’implication de Valls dans le bilan de Hollande risque de ne pas le servir. Précisément, l’opinion attend des personnalités neuves. Elle a “nettoyé” beaucoup d’anciens à l’occasion des primaires. Valls devrait y songer. La valeur n’attend pas le nombre des années, etc.

Fillon bouscule les règles de l’Union

Tapi dans l’ombre de ce grand désordre à gauche, Fillon pousse ses pions. Il s’est offert une petite visite tout à fait intéressante auprès d’Angela Merkel. L’opération mériterait d’être mise en lumière et analysée. Il y a plaidé pour une intégration de la zone euro, avec une visée politique claire: faire de l’euro une monnaie de réserve internationale à l’égal du dollar. Il a également défendu une remise en cause des règles imposées par la réforme de Bâle en matière bancaire.

Nous n’en sommes pas encore à une confrontation ouverte avec les Etats-Unis. Mais Fillon se campe dans le rôle de celui qui réveille la conscience européenne face au joug américain. Selon lui, Merkel est d’accord avec lui. On se permet d’en douter… Mais l’essentiel est qu’elle n’ait pas dit non, à défaut d’avoir clairement dit oui.

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