Les pensées de Brigitte Macron V, par Charlotte Dareau

Nous publions aujourd’hui le cinquième chapitre de nos pensées junoniennes, exercice pastiche traitant avec humour du rôle de la première dame.

Mes ptits loups,

Il m’épate, il m’épate, mon petit chéri : c’est une vraie bête de scène. Cela fait longtemps que je le sais, mais il m’épate encore après toutes ces années ! Il a scotché tout le monde, jeudi dernier à l’Elysée en prenant le rôle du narrateur de Pierre et le Loup lors de la petite sauterie musicale que nous organisons tous les deux mois à la Maison. C’est mon petit « Jeudi » à moi, je me sens alors très Madame Verdurin, ce qui est plus flatteur que la Bovary, entre nous soit dit. D’ailleurs où est mon Proust, pour raconter toutes ces soirées ?

Je n’avais rien fait d’extravagant pour l’occasion, une réception toute simple, sans chichis, et j’avais mis une tenue de tous les jours, chic et décontractée, pour mettre tout le monde à l’aise. C’est aussi que je prépare mes valises pour le voyage officiel en Inde à la fin de la semaine, alors toute ma garde-robe est un peu chamboulée d’ici là. Il faudra d’ailleurs que je dissuade Emmanuel de faire comme les Trudeau, on a vu que ce n’était pas bien passé dans les media, alors j’ai décidé de laisser les saris et les sherwanis à Paris.

Pour en revenir à jeudi dernier, j’aurais bien voulu que vous voyiez cela : mon Manu Président-qui-fait-tout, même de la culture pour les gens qui ne sont rien. Il a été é-pa-tant. Ce qui est génial avec ces Jeudis, c’est qu’on gagne sur tous les tableaux : vis-à-vis du petit personnel de l’Elysée, car ils n’ont jamais eu ça du temps du Patapouf ; vis-à-vis des banlieues colorées, car il leur suffit de faire des selfies avec nous pour être contents toute une vie ; vis-vis de la Garde Républicaine, pour une fois qu’on leur permet de jouer de la vraie musique. Et en plus, on fait croire à Vladimir qu’on adore la culture russe, ce qui arrange bien des relations diplomatiques un peu tendues avec la Russie. Vraiment, une super opération. Pierre-Olivier et Tristan avaient tout organisé au petit poil ; ils font vraiment bien le job, dommage que je ne puisse pas les augmenter…

Bon, c’est vrai, cela ne fait pas très sérieux, cette histoire de loup, de canard et de gamin désobéissant ; ça pourrait faire jaser les malveillants qui essaient d’y voir une métaphore de son action présidentielle. Heureusement que personne n’a trop relevé la première partie du programme : « Casse-Noisettes » ; je craignais le pire dans les commentaires…

En tout cas, mon petit Emmanuel a très bien dit sa récitation : je lui aurais mis un A+. Il faut dire aussi que j’ai craqué parce qu’il m’a rappelé l’idole de mon enfance, Gérard Philippe, le coup de cœur de Maman quand elle m’attendait, le récitant du disque que tous les enfants de mon époque ont eu. Le même charme fou, le même sourire ravageur, la même voix câline… Le problème, c’est que personne ne s’en souvient aujourd’hui et quand on dit « Gérard », on pense plutôt Depardieu, ce qui n’est pas la même chose. Toujours ce problème de génération entre nous deux, qui finit toujours par me rattraper quand je ne m’y attends pas.

 

Trognegneux, je dois trouver une idée jeune pour le prochain Jeudi, Pierre-Olivier et Tristan vont devoir carburer. Et hop, un petit tour de quartier pour le remue-méninges à trois !

Charlotte Dareau est contributrice sous pseudonyme.

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