PISA, RSI: les élites françaises et leur culture du déni

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Pourquoi les élites françaises plongent-elles, année après année, leur propre pays dans une obsolescence suicidaire? Parce qu’au lieu de regarder la réalité de leurs insuffisances et de leurs défauts, elles préfèrent se murer dans une culture du déni, qui consiste à croire le roi habillé quand il est nu et qui permet de justifier une réaction nobiliaire. Cette dernière s’appuie sur un raisonnement simple: nous, les élites, ne devons rien changer à rien, car tout ne va pas si mal et nous sommes le dernier rempart avant la chienlit (entendez: le populisme, le fascisme, l’ultra-libéralisme, la casse sociale, etc.)

Prouver que tout ne va pas si mal (traduisez: halte au French Bashing!) devient une arme stratégique pour justifier l’immobilisme de l’ordre social et le maintien au pouvoir d’une élite out of date.

Les élites françaises et PISA: un déni

Premier exemple: l’enquête PISA qui, publication après publication, démontre sans état d’âme que l’école publique en France est incapable de préparer efficacement nos enfants à la concurrence internationale, et qu’elle est incapable d’améliorer ses performances, malgré des créations colossales d’emplois.

Le plus cruel, dans l’enquête PISA, ne tient même pas à la désespérante stagnation de l’école publique dans la compétition internationale. Il tient à la passivité des élites françaises face au constat répété tous les trois ans: l’école publique est un puissant outil de sélection sociale. Elle ne forme pas les meilleurs, elle forme les fils (et les filles) à papa. Or, si un argument justifiait la toute puissance de l’école publique en France, c’était bien celui de l’égalité des chances.

L’OCDE (bouh! les méchants libéraux!) a beau démontrer depuis plus de dix ans que l’école de la République est le meilleur antidote contre l’égalité des chances, rien n’y fait. On continue comme avant, et on se vante même de renforcer les moyens de cet instrument de sélection sociale. Au nom de l’égalité, bien sûr.

Les chiens de garde du déni

On lira donc sous la plume d’une fonctionnaire de l’Education Nationale, Marie Duru-Bellat, sociologue qui tourne en boucle sur le sujet depuis plus de dix ans,  des phrases hallucinantes expliquant que PISA, c’est pas vraiment scientifique et qu’il ne faut pas vraiment prêter attention à cette étude:

Tout d’abord, comme toutes les données d’enquêtes, celles-ci sont inévitablement imparfaites. (…) Mais de fait, la difficulté majeure concerne les limites de données transversales, collectées à un moment donné, quand il s’agit d’évaluer et de piloter les systèmes éducatifs. Car les liens observés entre résultats des élèves et politiques éducatives ne sont instructifs à cet égard que si l’on est raisonnablement sûr qu’on a bien affaire à des relations causales. (…) Cela ouvre la porte à de multiples dérapages, les corrélations étant abusivement interprétées selon les préférences idéologiques de chacun.

Constater que l’école publique en France est un désastre n’est pas seulement une expérience évidente pour tous les parents qui y ont affaire. C’est aussi le résultat d’analyses internationales.

Mais pour tous ceux qui devraient faire l’effort de se remettre en cause pour changer cette situation, voire donner leur démission au vu de leur responsabilité dans ce naufrage, il vaut mieux nier les faits et expliquer que tout cela, c’est le produit de “dérapages” ou d’erreurs d’appréciation.

Un bon déni vaut tellement mieux qu’une mauvaise remise en cause…

Le RSI et le déni de la technostructure

Le même déni mortifère pour le pays est pratiqué par les élites françaises sur la question du RSI.

Rappelons que, historiquement, les indépendants ont toujours refusé d’être absorbé par un régime unique de sécurité sociale dont ils n’étaient pas demandeurs. Ce sont les conseillers d’Etat ministres du gouvernement Raffarin Bas et Dutreil qui l’ont imposé au nom de la simplification administrative.

Résultat: les entrepreneurs vivent un calvaire quotidien, dont ils n’ont absolument pas besoin en ces temps de crise, pour répondre aux demandes insanes d’un régime qui les assassinent les uns après les autres. Même la presse subventionnée se fait l’écho quotidien des souffrances infligées aux “assurés”, qui mériteraient plutôt le titre de “menacés”.

Face à cette faute historique qui s’appelle la création du RSI, les élites françaises, qui sont essentiellement administratives et entendent implicitement faire rendre gorge à tous ces minables d’entrepreneurs qui se la pètent et échappent à leur contrôle, pratiquent un déni systématique: “Nous allons améliorer le RSI et préparer la fusion avec le régime général!”

Persévérer plutôt qu’innover

L’incapacité des élites françaises à adapter leur comportement à la réalité est devenu un problème critique pour l’avenir du pays. Face à cet autisme larvé mais constant, qui consiste à nier les évidences pour imposer sa pensée jusqu’au bout, les victimes du système n’ont plus qu’un choix: prôner des stratégies de rupture et rejeter en bloc un système qui vit à leurs dépens.

C’est à cette lumière qu’il faudra lire les présidentielles de 2017: celle d’une exaspération des industrieux face à une élite cramponnée à ses privilèges et bien décidée à faire dire au petit peuple celle qu’elle a envie d’entendre.

Ainsi disparaissent, un jour ou l’autre, les aristocraties.

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5 commentaires sur PISA, RSI: les élites françaises et leur culture du déni

  1. Tant que nous aurons des énarques, nous aurons des solutions d’énarques! C’est ce que vous appelez l’élite française. Ils ont tous reçu une formation pour être commis de l’état mais pas décisionnaire, et c’est là où ça blesse. Ils faut qu’ils rejoignent leur rang, derrière les vrais politiciens issus du monde réel, celui où quand on se lève le matin on se sent utile, productif, créateur de richesse, et non pas dispatcheur des richesses enlevées au monde du travail, et qui manquent à l’investissement et à la création de marges nécessaires au bon développement d’une entreprise.
    Mais, ça c’est pas prévu pour demain.

  2. La dégringolade dure depuis plus de 20 ans (une génération en terme démographique) et aujourd’hui arrivent aux affaires des gens qui ne méritent plus le qualificatif d'”élite”(qui peut croire que la petite bécassine à qui est confié, justement, le ministère de l’éducation est une lumière!!!): il y a eu déni au début, je l’ai vécu, du temps de Jospin quand, les premiers résultats de PISA tombant, la France menaçait de sortir du processus. Mais, aujourd’hui ce n’est plus que l’incidence de l’incompétence de plus ne plus crasseuse d’une caste dirigeante autoproclamée. Pour en sortir il faudrait pratiquement mettre la France sous tutelle et lancer un programme d’enculturation de la population comme au Québec dans les années 60 avec le programme TEVEC.

  3. Culture du déni ? Sûrement pas car c’est bien là que réside toute la manipulation. Depuis de longue date, nos dirigeants sont cooptés et corrompus par la vraie élite, financière et mondiale, qui a comme vieux projet la destruction de la France telle que nous l’avons toujours connue. Une France forte et prospère ne les intéresse surtout pas. Il n’y a qu’à voir le travail des Young Leaders pour constater que nos “élites” sont cooptées depuis longtemps par des intérêts extérieurs et étrangers. L’avantage que nos élites en retirent est l’avancement de leur carrière et nombre d’entre elles sont conviées aux réunions Bilderberg qui regroupent toutes les grandes personnalités du monde politique, industriel et médiatique et ceci dans le plus grand secret.

    http://www.atlantico.fr/decryptage/gouvernement-hollande-formation-plus-atlantiste-qu-on-pourrait-croire-benjamin-dormann-366638.html
    http://philip.dru-administrateur.nwo.over-blog.com/article-liste-des-young-leaders-fran-ais-depuis-1981-105102778.html
    http://www.voltairenet.org/article157210.html

    Depuis 40 ans, tous nos présidents que nous avons élus se sont évertués à torpiller méticuleusement chaque pan de notre économie et à nous endetter toujours plus. Giscard a donné le coup d’envoi avec le vote de cette fameuse loi Pompidou/Rothschild qui a signé notre entrée en esclavage. Ce travail de sape est un projet de longue date que cette élite de l’ombre a mis en oeuvre dès la fin de la seconde guerre mondiale. Elle a passé sans complexe la surmultipliée depuis l’année 2000. La création puis notre adhésion à l’UE en est un des principaux rouages. Il n’y a qu’à voir l’état dans lequel se trouve notre pays depuis notre adhésion pour constater les dégâts ! Pierre Hillard, qui a bien étudié le sujet en s’appuyant sur des documents officiels, l’a d’ailleurs très bien expliqué et les preuves sont irréfutables : ces gens là ne nous veulent vraiment pas du bien.

    Il serait grand temps que nous arrêtions de croire que nos gouvernants le font seulement par bêtise ou par déni. Un agenda précis a été mis en place et les vendus que nous mettons au pouvoir le suivent scrupuleusement. Avec le recul, il n’est pas difficile de constater que cet agenda avance à grands pas et de façon bien organisée. Il faudrait vraiment être aveugle ou stupide pour ne pas s’en rendre compte. Ce ne sont que des faits et rien que des faits et cela n’a rien à voir avec une quelconque théorie du complot. Tout est réel et se déroule, là devant nous, sous nos yeux.

  4. Je dois vraiment être aveugle ou stupide pour ne pas m’en rendre compte. Pauvre Olga, c’est vrai que cela n’a rien à voir avec une quelconque théorie du complot. Juste une suggestion, je suis d’accord avec “@déception positive”, il faut sortir l’enseignement national de la sphère politique, avec leurs idéologies antinomiques qui ne font rien avancer. Fillon parle du tablier, c’est pas nouveau mais c’est un pas vers la redistribution des connaissances ouvertes à tous les enfants, à partir du moment où on les mets dans les mêmes conditions: l’internat. Nos socialo-marxistes vont encore certainement nous re-bassiner que ce n’est pas la faute des enseignants, qu’il en manque, que le programme est bon, etc… Fillon courage! Essayez de les faire travailler! Y’en a marre!
    Que l’on revienne aux fondamentaux dans les classes primaires, ce sera déjà une bonne base: calcul élémentaire (avec des bûchettes!), géométrie euclidienne (avec compas et équerres), utilisation d’ardoise (magique ou pas), lecture quotidienne, écriture au stylo sur papier, orthographe, mémorisation “par cœur”, interrogation écrite tous les matins, étude le soir. En fait faire en sorte que les élèves soient au cœur du projet pédagogique, et non pas l’embourgeoisement de l’enseignant pour son confort.
    Sur cette adresse:
    http://www.lesechos.fr/politique-societe/societe/0211404829136-comment-calculer-le-temps-de-travail-des-enseignants-2035909.php
    il y a un tableau des plus intéressants où l’on voit clairement que la France est de très loin le dernier pays en temps de présence de l’enseignant à l’école. Ceci explique cela, et peut-être ouvre une porte vers une solution.

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